«?Les arbitres nous ont fusillés. Ils nous ont volés, ici et là-bas. Ils nous ont virés de la finale?». D’habitude si mesuré, le gardien et capitaine du Real Madrid, Iker Casillas, également capitaine de l’équipe d’Espagne, a explosé après le match nul au Camp Nou (1-1), insuffisant après la défaite 2-0 de l’aller.

À Madrid, José Mourinho avait assez directement accusé l’UEFA d’avoir encore une fois favorisé le FC Barcelone, fou furieux après la décision de l’arbitre Wolfgang Stark d’exclure son défenseur Pepe. À Barcelone, Mourinho, suspendu après avoir été lui-même exclu à l’aller, est resté à l’hôtel pour voir le match, selon les médias espagnols. Mais son ombre a plané sur la salle de presse et la zone mixte du Camp Nou.

Personne n’a digéré le but refusé à Gonzalo Higuain à la 47e. «?L’arbitrage était facile parce qu’après ce que nous avions vu à Bernabeu, tout était presque décidé. Le coach(Mourinho) a raison, il a dit que c’était impossible de nous qualifier et c’était bien vrai?», a lancé l’entraîneur adjoint, Aitor Karanka.

Cristiano Ronaldo : «?M. l’arbitre n’a pas voulu?»

«?C’était «?Mission impossible 4?». Nous savions que cela allait se passer. Nous sommes habitués depuis le premier match. Le but d’Higuain est valable, a assuré Cristiano Ronaldo. Encore une fois nous devons apprendre à vivre avec ça. Ce but pouvait changer le match, mais monsieur l’arbitre ne l’a pas voulu. Celui qui connaît le football sait que le Barça est très protégé. Nous devons vivre avec ces injustices.?»

La presse pro-madrilène a évidemment emboîté le pas aux joueurs.«?Un autre très mauvais arbitrage empêche la remontée du Real?», écrivait Marca. La plupart des amateurs de football, Madrilènes exceptés, sont heureux de la qualification du Barça, celle du jeu.?Mais l’honnêteté commande de dire que les plaignants n’ont pas tout à fait tort. Et même pas tort du tout.?Sur le but annulé d’Higuain, il y a au départ de l’action une faute (poussée ou au moins obstruction) de Piqué sur Cristiano Ronaldo qui, en tombant, a entraîné, involontairement, la chute de Mascherano. L’arbitre aurait dû siffler un coup franc très bien placé pour le Real ou, plus intelligemment, laisser l’avantage. Au lieu de ça, De Bleeckere a sifflé faute pour le Barça.?Avant le but, notez-le bien, pas après-coup.

Pour autant, il ne faut pas oublier le reste de la rencontre. Le Barça a été ultra-dominateur dans le jeu en première période, avec pas moins de cinq actions très chaudes entre la 32e et la 37e minute. Sans un immense Iker Casillas, le Real aurait complètement pris l’eau. En tout et pour tout, les Madrilènes n’auront eu que deux occasions : le «?but?» d’Higuain et celui, validé, de Marcelo (64e), dix minutes après l’ouverture du score de Pedro. Et il fallait encore marquer trois buts pour se qualifier. Évidemment, si le marquoir avait indiqué 0-1, personne ne sait comment l’affaire aurait tourné…¦