Le choix Geronimo

EdA - Jacques Duchateau

Demain, cette question va être posée devant le congrès américain.?C’est le comité des affaires indiennes qui va profiter de la tenue d’une audition au Congrès pour débattre de la chose.

Les communautés indiennes aux États-Unis sont loin d’être ravies par l’utilisation du nom «?Geronimo?». Les critiques sont claires, elles entendent dénoncer «?l’association entre le nom de Geronimo, l’un des plus grands héros amérindiens, et le plus haï des ennemis des États-Unis?».?L’histoire pourrait sembler anecdotique, pourtant elle reflète un certain malaise face à cette opération couronnée par un succès américain, certes, mais tout aussi certainement menée «?à la cow-boy?». Il est en effet étrange que pour une opération de ce type, vouée à la médiatisation, les États-Unis n’aient pas tenté de trouver un nom plus neutre, qui ne risquait pas de susciter la polémique. Et surtout de titiller la susceptibilité d’une minorité. Le comble pour un président dont on attendait beaucoup sur ce plan-là.

Il faut dire que les militaires américains ont toujours nourri une relation étrange avec Geronimo. Le chef apache, opposant farouche aux envahisseurs blancs, a terriblement marqué les esprits guerriers. C’est ainsi que, paradoxalement, des bataillons américains ont pris le nom de Geronimo. Un de ceux-ci a même été déployé en Iraq et en Afghanistan. Geronimo est aussi parfois utilisé comme cri de guerre par ces mêmes militaires américains. Alors hommage raté?? Comparaison douteuse entretenue par certains observateurs qui ont assimilé la résistance de Ben Laden dans ses montagnes à celle de Geronimo dans la Sierra Madre?? Le temps qui passe éclairera sans doute ce point… parmi d’autres.