Le traité qui envenime tout

Wouter Beke tente de résoudre BHV. Le veto flamand sur le traité concernant le droit des minorités ne l’aidera pas.

Belga

C’est la rumeur trimestrielle. Un accord sur BHV est sur le point d’être bouclé. Le journal ?Le Soir? l’annonçait hier. Renseignements pris, le dossier de la périphérie bruxelloise n’a plus été abordé depuis quinze jours par le négociateur royal. La dernière fois, c’était le mercredi 20 avril. Toutefois Wouter Beke reprend à présent des discussions bilatérales (à deux) sur le sujet. Ce qui ne veut pas dire charrette.

Car hier on apprenait que le gouvernement flamand ne voulait toujours pas ratifier le traité européen sur les minorités. Kris Peeters, CD&V comme Wouter Beke, l’a asséné sans équivoque possible. Voilà qui n’apporte guère d’espoir. La Flandre craint que ce traité mène au renforcement des droits des francophones en Flandre.

Dans la foulée, le ministre-président francophone Demotte, a appelé les autorités fédérales à se concerter au plus tôt avec les entités fédérées. Il veut établir une interprétation commune du concept de minorité nationale.

Le ministre-président flamand, avec une pointe d’ironie sans doute, a dit être curieux de savoir ce que son homologue francophone proposera. Car aux yeux de Peeters, une seule minorité existe en Belgique : la Communauté germanophone.

Et c’est sur ce terrain houleux que les transactions fédérales continuent. Les deux dossiers que l’on dit «?avancés?» sont l’emploi et les soins de santé. Les réunions du trio Di Rupo (PS), De Wever (N-VA) et Beke (CD & V) se poursuivent. Selon les pronostics des uns et des autres, Wouter Beke resterait encore à la manœuvre pour quinze jours au moins. Après la mi-mai, nul ne sait ce qu’il adviendra des interminables négociations. C’est le trou.

Des appels relativement explicites à voir Elio Di Rupo reprendre la main, cette fois comme futur Premier ministre, ont été lancés. En Flandre et chez les libéraux. Encore faut-il que le négociateur royal parvienne à réaliser ce miracle (devenu mirage, à force) : remettre les neuf partis à table. Les neufs ou un nombre suffisant pour réaliser la grande réforme de l’État qui attend notre pays. Quelles sont ses chances d’y arriver?? «?Tout dépendra du contenu du rapport écrit que Wouter Beke rédigera. Il faudra voir. Comme il ne dit pas tout à tout le monde, ce sera alors l’heure de vérité, noir sur blanc?», explique un observateur.

En attendant, les partis francophones tracent. Et s’agitent. Le PS s’est lancé le premier dans la campagne (d’informations). Une grande tournée intitulée «?la parole est à vous?» et une série de vidéos didactiques sur la Web-TV du parti.

Le cdH se lançait hier à Namur dans une campagne similaire. Un tour de Wallonie en six étapes qui s’arrêtera à Marche, Nivelles, Liège, Charleroi… «?On a constaté que beaucoup de citoyens se posaient des questions sur le pourquoi du comment. C’est le moment d’expliquer clairement aux gens ce qui se passe?», pose le porte-parole de la présidente du cdH. Pour rappel Joëlle Milquet estime que le momentum est arrivé. Si on n’y arrive pas avant cet été, c’est foutu, a-t-elle estimé récemment. ¦