L’homme le plus recherché du monde s’appelle désormais Ayman al-Zawahiri. L’idéologue et bras droit de Ben Laden incarne le nouveau visage de la terreur, même si al-Qaida n’a pas officialisé la succession. L’actuel et très médiatique N° 2 de la Base hérite du même coup du titre d’ennemi public N° 1 et de nouveau grand Satan de l’Amérique.

Ayman al-Zawahiri se terre depuis les attentats du 11 septembre, mais son faciès, aisément reconnaissable à sa bosse sur le front a fait le tour du monde. Ces dernières années, c’est lui qui apparaissait sur les vidéos appelant au jihad contre l’Occident. Plus terne, mais plus présent que son mentor sur la scène du terrorisme mondial, le compagnon de route de Ben Laden est considéré depuis plusieurs années comme le véritable patron de la nébuleuse islamiste.

Comme Ben Laden, ce médecin égyptien de 60 ans est issu d’un milieu aisé, il a fait des études supérieures et ses convictions sont tout aussi virulentes.

Ayman al-Zawahiri s’est frotté très jeune aux milieux extrémistes. À 15 ans à peine, il rejoignait les Frères musulmans. Quelques années plus tard, alors étudiant à l’université du Caire, il fondait la première cellule clandestine du Jihad islamique, bien plus radical que la confrérie des Frères musulmans. Il verse dans la violence extrême en 1980, lors de l’assassinat de Sadate. Son parcours croisera celui de son mentor lors du jihad contre les Soviétiques en Afghanistan. Dès lors, leurs destins sont alors scellés.

L’éminence grise de Ben Laden est l’un des premiers islamistes à avoir eu recours aux attentats kamikazes et à faire de la vidéo une arme de guerre, en exhibant des volontaires à la veille de leur mission pour frapper les esprits et déclencher de nouvelles vocations. En plus de développer la stratégie mondiale d’Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri fournit au mouvement ses racines intellectuelles et idéologiques. Il est surtout le maître d’œuvre des principaux attentats antiaméricains qui ont révélé au monde le pouvoir destructeur de la Base. Al-Zawahiri fut l’organisateur en août 1998 des attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie et en octobre 2000 de celui contre le destroyer USS Cole dans le port d’Aden, au Yémen, avant le choc planétaire des attaques du 11 septembre.

Par deux fois, en 2002 et 2007, on l’a donné pour mort. À chaque fois, une vidéo est venue démentir la disparition du principal porte-parole et co-fondateur d’al-Qaida.

Obsédé par la guerre sainte mondiale, Ayman al-Zawahiri affirme que le pouvoir n’appartient qu’à Dieu, traite Obama de «?nègre domestique?» et voue une haine viscérale à Israël et aux États-Unis.

À l’instar de l’ancien chef d’Al-Qaïda tué dimanche, sa tête est mise à prix 25 millions de dollars par le Département d’État.¦

C.D.