Consommation

Le prix des fruits,?pomme?de discorde

Le prix des fruits,?pomme?de discorde

Les laitues, tomates, poivrons et courgettes sont devenus bon marché. Au grand dam des producteurs.

EdA

Bonne nouvelle. Alors que l’inflation ne cesse de pénaliser le consommateur qui doit toujours débourser plus pour remplir son chariot, le prix des fruits et légumes est en baisse. Une diminution qui s’explique par plusieurs facteurs. Le producteur, lui, l’a plutôt mauvaise. Surtout en Flandre. Explications.

Vous l’aurez certainement remarqué. Il a fait beau ces dernières semaines. Et le soleil ne semble pas disposé à quitter la Belgique. Avec un effet immédiat sur les récoltes. Elles sont arrivées à maturité plus rapidement, explique-t-on du côté de la Fédération horticole wallonne (FHW).

Mais ce n’est pas le seul élément qui pousse le prix de certains fruits et légumes vers le bas. Cette production précoce se heurte à un excès de production des pays du sud, fait remarquer Jean Maréchal, directeur du Centre interprofessionnel maraîcher (CIM).

Résultat, la demande ne parvient plus à suivre la suroffre. D’où l’impact sur les prix. Positif pour le consommateur qui voit sa facture diminuer, négatif pour le producteur qui ne gagne plus que des clopinettes. Quand il ne perd pas de l’argent.

La laitue sept fois plus chère

Car cette abondance fait le jeu des grandes enseignes qui peuvent faire jouer la concurrence entre les producteurs. Qui n’ont plus que deux solutions. Soit ils décident de tout de même récolter leurs cultures et de les vendre, à perte. Ils récupéreront alors au moins un peu de cash pour assumer une partie de leurs coûts. Soit ils décident de labourer la récolte et de miser sur la suivante. Avec une perte sèche à la clé.

Le revendeur final, principalement les grandes enseignes, lui, s’en sort plutôt bien comme l’explique un professionnel. «?Récemment, la laitue pommée se négociait à la criée autour des 7 cents. Un produit revendu plus tard à 49 cents. Soit 7 fois plus cher que le prix payé au producteur. Le vendeur empoche 20 à 30 cents. le producteur essuie une perte. Ce n’est pas normal qu’il touche aussi peu pour le travail fourni.

Tous les producteurs ne sont cependant pas touchés de la même manière, explique-t-on tant du côté de la FHW que du CIM. Tout dépend du mode de culture. En Flandre (90 % de la production belge), la production se fait essentiellement sous serre. Or, ce type de culture est davantage pénalisé par la situation actuelle. En Wallonie, on cultive surtout en plein air ou en tunnel. Les récoltes vont seulement débuter.

Pour l’heure, le manque à gagner ne se fait donc pas encore ressentir. Le manque d’eau, par contre, commence à inquiéter. Car s’il faut commencer à irriguer les cultures, cela risque de plomber la rentabilité des exploitations.¦