La grand-mère ou une ma man inconnue ?

Une sœur, une grand-mère, un ami peuvent accueillir l’enfant tout en étant aidé.

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1. Placer ou pas ?

Jusqu’au début des années 90, la déchéance parentale était rapide et fréquente. Les juges faisaient placer les enfants sans trop se poser de questions.

Un décret intervenu en 1991 a renversé cette tendance pour privilégier les parents d’origine et laisser les enfants avec leurs géniteurs au maximum. Mais on en est petit à petit revenu. Aujourd’hui, la tendance est de privilégier le cas par cas, la famille d’origine est prise en compte mais aussi celle d’accueil.

2. Quel type de famille ?

Il existe trois « types » de familles chez qui les enfants sont placés. Dans tous les cas, le parent d’accueil est quelqu’un qui assume volontairement et provisoirement le quotidien et l’éducation d’un enfant. La démarche est clairement distincte de celle de l’adoption.

Un : les familles « en reprise de guidance ». Une sœur, une voisine, un proche, un ami accueille l’enfant tout en étant aidé et suivi par un service spécialisé de l’aide à la jeunesse.

Deux : Les familles non-encadrées. Un placement informel sans suivi de l’aide à la jeunesse.

Trois : Les familles d’accueil proprement dites. Ces dernières sont recrutées sur une base volontaire et sélectionnées au bout d’une procédure qui dure entre six et neuf mois. Elles n’ont aucun lien au départ avec l’enfant existent aussi.

3. Sortir l’enfant de son milieu d’origine ou pas ?

Lorsque l’enfant est accueilli dans un milieu proche de celui de ses parents d’origine, des problèmes peuvent surgir. La décision de recueillir l’enfant est prise suite à une crise ou de fil en aiguille. Ce n’est pas forcément un choix. C’est parfois sous le poids de la culpabilité. « C’est ça ou le placement en institution », se disent frères, sœurs, grands-parents…

« Il y a un risque de retrouver les mêmes difficultés que dans la famille d’origine avec des conflits familiaux qui se poursuivent ou des phénomènes de réparation. Cela peut déboucher sur du pathologique ou des phénomènes de répétition », prévient Marie-Thérèse Casman. Par ailleurs, les assistants sociaux sont souvent vécus comme menaçants ou intrusifs par ses parents de substitution.

Par contre, l’enfant hébergé chez des proches possède déjà un lien avec l’enfant et ce dernier a moins l’impression d’être « placé ». ¦