La crainte, toujours

EdA - Jacques Duchateau

La CIA, Interpol, toutes ces organisations ont joué les oiseaux de mauvais augure, prévoyant des représailles.

Le sentiment de victoire contre le terrorisme mondial aura été rapidement rattrapé par la crainte et la peur. En cela, c’est l’œuvre d’Oussama Ben Laden qui se poursuit. Cette politique de la terreur infecte qui frappe de façon aveugle et qui se nourrit de cette grande frousse mondiale malheureusement justifiée.

Le terrorisme est un cancer de ce monde, une maladie profonde qui s’exprime par des accès de cruauté et de folies meurtrières. C’est l’expression de certitudes aux abois, mais aussi de volontés qui veulent s’imposer à tout prix, au mépris de la vie. Certes, le recours à la violence peut s’expliquer, mais c’est à chaque fois une défaite pour l’humanité. C’est valable pour les actes commandités par Oussama Ben Laden. C’est aussi valable pour l’opération menée, dimanche soir, au Pakistan. Cette violence qui appelle la violence n’est qu’une sinistre évidence.

Le terrorisme a aussi ceci de terrible, c’est qu’il diabolise les causes qu’il est censé défendre. Face à la peur, face à la mort, les opinions ne peuvent que se durcir et repousser la culture et les idées de l’autre.

On ne pourra encore qu’appeler à la réserve intelligente pour aborder l’après-Ben Laden. Ne pas faire d’amalgames. L’homme abattu par les «?Navy Seals?» était le chef d’une organisation criminelle aux actes (enlèvements, attentats suicides) revendiqués à plusieurs reprises. Pas plus. Ben Laden n’était pas le porte-parole des musulmans.?Tout juste le PDG d’une multinationale de la terreur et de la haine.?Le problème, c’est qu’il a été tellement efficace dans ce rôle qu’aujourd’hui certains sont convaincus que le travail du leader d’al-Qaida doit être perpétué et même amplifié pour venger le patron. Et cela sous le couvert de motifs religieux. C’est une réalité. Avec laquelle il faudra vivre. Encore. Et encore.