Téléfilm

Sourire de la déficience mentale, c’est si Simple

Sourire de la déficience mentale, c’est si Simple

Une belle brochette d’acteurs, bien castés, dans un téléfilm touchant sur un sujet délicat.

Klébert va entrer à l’université, il vient de trouver un appartement au cœur de Toulouse, sa vie devrait être insouciante et simple. Sauf que Simple, c’est son frère. Il le dépasse d’une demi-tête mais son meilleur ami est Mr Pinpin, un lapin en peluche, et depuis vingt ans, Simple a trois ans. Alors quand la fratrie se retrouve orpheline, tout devient compliqué pour Klébert.

Refusant de placer ce grand enfant dans un centre spécialisé, le jeune homme décide d’emménager avec lui dans une colocation. Très vite les ennuis commencent, la belle aventure également.

Le téléfilm, qui s’ouvre sur un clin d’œil à Rain Man, pourrait être le croisement entre L’Auberge Espagnole?et Gilbert Grape. C’est d’ailleurs dans ce dernier que Bastien Bouillon a cherché l’inspiration pour interpréter Simple :«?Léonardo di Carpio est un acteur que j’admire. Je l’ai pas mal copié, pour ce qui est de mes doigts en extension par exemple?». Il est secondé par Julien Drion (Klébert) et une brochette d’acteurs bien castés, des colocataires au voisin de palier.

La fiction est inspirée d’un roman pour enfants de Marie-Aude Murail et porte un regard dur sur les institutions spécialisées, mais pour l’auteur, il n’était pas du tout question de juger : «?Je ne suis pas une donneuse de leçons ou de bons conseils, de quel droit le serais-je?? Dans mon roman, Kléber s’aperçoit que Malicroix, l’institution dans laquelle son frère est placé, le rend à moitié fou. Il veut donc le garder avec lui, ce qui est un pari encore plus fou sans doute. Et ceux qui s’occupent de handicapés pourront me trouver idéaliste?». Sur le ton de la comédie Échapper au bien-pensant, c’est sûrement ce qui fait la force du programme, confié à van Calbérac. Le réalisateur de cinéma, qui s’attaquait pour la première fois à un téléfilm, a réussi à placer Simple dans un tourbillon de vie, entre les soirées estudiantines, les peines de cœur et le tri sélectif. «?Un film sur le handicap mental n’est pas forcément ce qu’on a le plus envie de voir en rentrant chez soi?», explique le réalisateur. «?Mais si l’histoire est traitée sur le ton de la comédie, se passe dans une jolie ville ensoleillée, avec ses histoires d’amour, si le personnage principal fait évoluer les autres protagonistes, soudainement c’est plus drôle, plus attirant?».

La diffusion de Simple sera suivie d’un magazine sur le handicap mental mêlant débats, témoignages et reportages et présenté par Christophe Hondelatte.¦

France 2, 20.35