«?Non, le jeune homme n’est pas fiché?»

Logan Halleux ne comprend toujours pas la décision.

Lorsqu’il a débarqué à l’hôtel de police, Logan Halleux a été reçu par le commissaire Jean-Marie Dradin. La rocambolesque histoire de l’étudiant, il en a suivi une partie. Et il l’explique simplement : la sécurité. La police a fait son boulot car veiller à l’ordre public fait partie de ses missions. «?Il a été intercepté par les services de sécurité car il prenait le système de sécurité, les grilles, les caméras en photo?», explique le commissaire de police de Huy. Vendredi, l’étudiant a été interpellé par les gardes qui ont appelé les policiers, comme il ne voulait pas donner son appareil photo. «?J’ai demandé que l’appareil photo fasse l’objet d’une saisie administrative.?» Le temps de vérifier les clichés.

«?Un comportement qui attirait l’attention?»

Logan Halleux n’a pas la tête d’un terroriste, il est étudiant, il a expliqué qu’il faisait un travail scolaire. «?Je ne demandais qu’à le croire, poursuit le policier. Mais il n’avait aucune preuve.?» Et visiblement, le garçon, un peu énervé, «?révolté?», avait la répartie facile. «?Il était logique qu’on vérifie. Mais il n’a pas facilité l’intervention. Je lui ai dit qu’il n’était pas interdit de prendre des photos, mais pas des photos de nature à compromettre l’ordre public. Et là, il avait un comportement qui attirait l’attention.?»Car le jeune photographe ne s’est pas contenté de prendre des plans larges des tours de refroidissement.

Clair puisque son travail, justement, portait sur l’inaccessibilité du site nucléaire et donc sur les mesures de sécurité prises pour empêcher une quelconque forme d’intrusion…

Une fois en possession de la carte de l’appareil photo, les policiers hutois voulaient regarder les images prises. Sauf que leur système informatique ne le leur permettait pas. «?C’était un format qu’on ne savait pas lire. On lui a alors dit qu’on reformatait la carte, ou bien qu’il allait devoir revenir.?» Pas question de formater la carte puisque Logan y avait d’autres travaux scolaires. Les policiers ont dès lors enlevé certaines photos une fois qu’ils ont pu les visionner.

Pourquoi autant de précaution?? «?On était dans une semaine particulière, avec un état de vigilance accrue avec le 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl.?» Pas de procès-verbal rédigé?? «?Non, l’incident est clos. On a juste pris le temps de vérifier les photos.?»

Le jeune homme est désormais fiché?? Bien sûr que non.¦