L’étudiant n’est pas encore remis de ses émotions, sa maman non plus… La Ville de Huy, aucun des deux ne connaissait vraiment. Car si Logan Halleux est étudiant à St-Luc à Liège, il est originaire d’un patelin près du Signal de Botrange, dans les Hautes Fagnes. Dans le cadre d’un de ses cours, l’étudiant de 19 ans a choisi la centrale nucléaire de Tihange comme sujet d’un reportage photos. Et il est venu jusqu’à Huy, son appareil photo autour du cou. Ses clichés, il comptait les prendre à l’extérieur du site nucléaire, en se baladant le long de la Meuse sur le halage. Non, il n’avait pas pris contact avec la direction de la centrale nucléaire. «?J’aurais peut-être dû…?» Mais il estimait qu’il restait à l’extérieur du site, qu’il était dès lors en terrain neutre pour lequel aucune autorisation n’est nécessaire. Thème de son reportage : l’inaccessibilité du site nucléaire.

Elle a trié puis effacé certaines photos

Ça, c’était il y a plus d’une semaine. À peine ses premières photos prises, le jeune homme s’est retrouvé face à des agents de sécurité attachés à Electrabel. «?On m’a emmené dans un bureau où il y avait une dame, une directrice. Elle a pris mon appareil photo et elle a trié les photos qu’elle a ensuite effacées.?» Une fois de retour chez lui, l’étudiant a téléphoné à la police pour s’assurer qu’il pouvait prendre de telles photos, à l’extérieur du site. «?On lui a dit qu’il pouvait tant qu’il ne rentrait pas dans l’enceinte?», commente sa maman. Logan a dès lors remis cela vendredi dernier. Et à nouveau, la sécurité l’a épinglé. Mais là, il n’a pas voulu donner son appareil photo.

Délicat avec Fukushimaet l’anniversaire de Tchernobyl

La conséquence?? Les policiers hutois ont débarqué. «?Ils m’ont pris la carte de mon appareil photo. Et ils m’ont dit que je pouvais venir la rechercher au commissariat. Je ne connais pas Huy, je ne savais même pas où c’était.?» Le jeune homme est donc allé à l’hôtel de police. Pour s’entendre dire qu’il ne récupérerait pas sa carte avant-hier lundi. «?Ils voulaient la formater, je n’ai pas voulu car j’avais d’autres travaux pour l’école dessus.?»

Pourquoi une telle réaction des policiers?? «?Ils m’ont dit que c’était délicat avec le 25e anniversaire de Tchernobyl et aussi Fukushima. Que si j’étais venu il y a trois semaines, cela n’aurait pas posé de problème.?»

Et la maman d’ajouter : «?Et ils lui ont dit qu’il était fiché.?» À leur tour, ses parents ont fait le chemin jusqu’à Huy. Ne comprenant pas pourquoi leur fils ne pouvait pas prendre de telles photos, à l’extérieur du site nucléaire.

«?Il n’a rien fait de mal, explique sa maman.On va à Londres et on photographie Buckingham palace, on va à Lisbonne et on photographie la plus grande banque. Et là, on peut prendre des photos. Lorsque j’ai demandé sur quel règlement cela se basait, on m’a dit d’aller voir sur Internet…?» En quittant le commissariat avec ses parents, l’étudiant est repassé par la centrale… où il a refait des photos.¦