Son guitariste : «?On était là pour gagner?»

«?J‘aime j’aime la vie.?» Quelques mots qui, l’air de rien, ont changé la vie d’une petite fille.?Sandra Caldarone de son vrai nom n’était âgée que de 13 ans lorsqu’elle participe à l’Eurovision de la chanson en 1986.

Ce parcours extraordinaire, elle le doit en partie à Jean-Paul Furnemont et Angelo Crisci, les compositeurs de sa chanson désormais culte.

C’est en 1985 que les deux hommes croisent la route de Sandra. Jean-Paul Furnemont s’en souvient comme si c’était hier.

«?On m’a un jour demandé si je voulais bien accompagner à la guitare une toute jeune chanteuse dans une soirée italienne.?J’ai totalement été séduit par la voix et le charisme de Sandra, pourtant si petite.?»

Le contact passe si bien ce soir-là que le groupe alors formé décide de faire un bout de chemin ensemble.?Quelques mois plus tard, inscrits sous le nom de Musiclub, ils participent au concours de la chanson italienne à Liège. Sandra et ses musiciens font sensation et remportent la majorité des prix décernés ce soir-là.

La jeune fille ne manque pas non plus de toucher tout particulièrement l’un des membres du jury. Rosario Marino-Atria lui propose son aide et devient alors son producteur attitré (NDLR : un conflit concernant les royalties les oppose aujourd’hui, Sandra n’ayant jamais rien touché comme interprète pour J’aime la vie). De cette collaboration sortira un premier 45 tours :Ami-ami.

Un morceau sur mesure, d’abord sans parole

C’est avec ce titre que Sandra et sa troupe s’inscrivent aux sélections pour l’Eurovision.

«?Il nous fallait ensuite une nouvelle chanson. On a réfléchi ensemble à un style à aborder et?Angelo et moi-même avons composé un morceau sans paroles.?Le thème de la vie était pourtant déjà présent. La chanson a pris forme et a vraiment plu à Sandra et au producteur. J’aime la vie était née.?»

En janvier 86, Sandra Kim remporte la finale Belge pour l’Eurovision et décroche son ticket pour le grand concours de la chanson, en Norvège.

«?On a pris l’avion le jeudi, explique Jean-Paul. En attendant la cérémonie du samedi, on a eu pas mal de répétitions. On a travaillé le morceau avec un orchestre et nous, on faisait les chœurs.?Quand j’ai entendu le résultat, j’avais les poils qui se dressaient sur mes bras?!?»

Une fois sur place, les médias se sont rapidement intéressés à la toute jeune Sandra et à sa voix exceptionnelle.?Du haut de ses 13 ans et demi (bien que présentée comme en ayant 15), elle signe déjà des autographes et plaît beaucoup aux journalistes.

«?Elle était déjà favorite. Bien sûr il y avait un certain stress, c’est inévitable, mais, d’un autre coté, on se sentait très sereins.?On était là pour gagner, on le savait?».

Les dernières minutes avant l’entrée sur scène font montrer la pression.?Derrière le rideau, prête à se lancer dans la dernière ligne droite d’une aventure hors du commun, Sandra attend son tour.

«?On se tenait les mains, on se serrait les coudes et on s’encourageait.?Rien qu’être là, c’était déjà fabuleux?! On était gonflés à bloc?!?»

Une fois son nom prononcé par la présentatrice, Sandra monte sur scène.?En un instant, la petite fille se transforme en véritable bête de spectacle.?Pleine de cran et de charisme, détendue et à l’aise, avec une voix qui en met plein les oreilles.«?Elle a vraiment bien fait ça?! C’était nickel… Mais je n’ai jamais douté un seul instant de son potentiel?».

Après la prestation, l’attente des résultats est longue, mais le calme et la patience seront récompensés.?À la délibération, les points pleuvent littéralement pour la Belgique, propulsant la petite Sandra et son équipe tout droit sur un nuage.¦