Ground Zero : «?Nous avons eu le dernier mot?»

La nouvelle est à peine confirmée que la foule danse déjà dans la rue. Ce n’est pas le nom d’Obama que ces jeunes gens scandent à Times Square et sur le site de Ground Zero. C’est la patrie qu’ils glorifient : «?USA?! USA?!

Les attentats du 11 septembre 2001 avaient changé le visage de New York et le profil de tout un pays. Mais dans cette fête impérieuse, irrépressible, beaucoup semblent croire que la mort de Ben Laden vient fermer une parenthèse ouverte il y a dix ans dans la douleur et le chaos. Elle permet aux Américains de s’affirmer à nouveau, de jubiler sans complexe pour accompagner la fin d’une impuissance inédite. «?Dix ans après, nous avons eu le dernier mot?», comme l’a dit une jeune femme dans la foule en délire.

La victoire d’une nation

Les familles des victimes du World Trade Center témoignent : «?C’est un soulagement. Un poids qu’on enlève…

«?On peut enfin être heureux à nouveau?», s’extasie un officier de la caserne des pompiers. Le maire de New York se veut nuancé quand il déclare que «?la mort d’Oussama Ben Laden n’atténue pas la souffrance que les New-Yorkais et les Américains ont vécue à cause de lui?». Mais Michael Bloomberg n’a pas tardé à entrer dans la danse à son tour : «?C’est une victoire majeure pour notre nation.?Les New-Yorkais ont attendu cette nouvelle près de dix ans. J’espère que cela va marquer un point final?».

Devant les grilles de la Maison Blanche à Washington, les rassemblements et les démonstrations de joie sont les mêmes. On assiste carrément à des scènes de liesse qui évoqueraient plutôt le camp de «?l’ennemi N° 1?» : on met le feu à des photos de Ben Laden en hurlant de bonheur.

«?Vous n’oublierez jamais…?»

Dans le monde entier, les réactions vont dans le même sens : «?Un acte réparateur…?», «?une façon de cicatriser d’un choc épouvantable…?»

Ben Laden est bien celui qui a eu l’idée de faire tomber les tours jumelles de Manhattan, il y a presque dix ans.?Ce matin-là, les commentateurs des médias américains ne se sont pas trompés : «?Nous sommes le mardi 11 septembre 2001 et vous n’oublierez jamais cette date…?» Personne n’a oublié, en effet. Dix-neuf pirates de l’air, quatre avions de ligne détournés, deux tours hautement symboliques qui s’effondrent, le Pentagone béant après l’attaque de l’avion-bélier et un dernier Boeing, le fameux vol 93, qui n’atteindra jamais sa cible grâce à l’intervention des passagers. Près de 3?000 personnes perdent la vie dans cette série d’attentats, à New York, à Washington et à Shanksville (Pennsylvanie) où s’est écrasé le vol 93. Au total, huit immeubles se sont écroulés et quarante-huit autres ont été lourdement endommagés.

Personne n’oubliera. Mais désormais, un autre moment historique a pris le relais.¦