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Karine Lalieux: "L'Eglise n'est pas un club de football"

Karine Lalieux: "L'Eglise n'est pas un club de football"

Karine Lalieux menace l’Église de sanctions financières. Reporters

La mince réaction médiatique d'André-Joseph Léonard, est «choquante et scandaleuse» au regard de la «forte attente» que le primat avait suscitée, a réagi la députée Karine Lalieux après la petite sortie du chef de l’Église lors de la messe de Pâques.

La sortie médiatique du chef de l’Église catholique, André- Joseph Léonard, est «choquante et scandaleuse» au regard de la «forte attente» que le primat de Belgique avait lui-même suscitée, a réagi la députée Karine Lalieux (PS), présidente de la Commission spéciale de la Chambre sur les abus sexuels.

L’Église persiste à refuser sa «responsabilité morale», a regretté la parlementaire, agitant la menace de sanctions financières. « Je réunis la semaine prochaine la Commission spéciale », a indiqué Karine Lalieux. La Commission spéciale s’est muée en Commission de suivi, bon nombre des septante recommandations adoptées devant être traduites en propositions. Il s’agit par ailleurs de faire pression sur le ministre de la Justice pour faire avancer certains dossiers. «L’attitude de l’Église sera également sur la table », a averti Lalieux.

« Il est choquant de constater que les victimes restent complètement absentes du discours de Mgr Léonard. Il fait valoir que tout a été dit, ignorant les appels à la reconnaissance par le chef de l’Église d’une responsabilité morale de l’institution. »

Rappelant la responsabilité historique de l’Église dans notre société, la présidente de la Commission parlementaire déplore que Mgr Léonard cherche aujourd’hui à « minimiser » les faits en affirmant que seulement 1% des abus sexuels sont commis en son sein. « Nous avons septante recommandations pour l’ensemble de la société mais l’Église n’est quand même pas un club de football », s’offusque-t-elle.

Karine Lalieux invite l’institution à se ressaisir au plus vite. «J’entends bien qu’ils réfléchissent à la mise en place du tribunal arbitral mais cela fait un an, depuis le rapport Adriaenssens, qu’on attend. Le parlement et la société n’attendront plus des mois », a-t-elle conclu, rejetant l’échéance de l’été avancée par le cardinal. « Sinon, il y aura d’autres sanctions à envisager, par exemple financières », a-t-elle averti.

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