COTE D'IVOIRE

Le camp Gbagbo accuse la France d'avoir arrêté l'ex-président

Alain Toussaint accuse la France davoir arrêté Gbagbo. Belga

"Ce sont les forces spéciales françaises qui ont remis Laurent Gbagbo aux rebelles d'Alassane Ouattara". C'est ce qu'a déclaré Alain Toussaint, un proche de Gbagbo ce lundi à Bruxelles.

Un conseiller du président ivoirien déchu Laurent Gbagbo, Alain Toussaint, a accusé l'armée française d'être responsable de l'arrestation du chef de l'Etat sortant, lundi dernier à Abidjan, et le nouveau pouvoir de se livrer à des tueries.

"Ce n'est pas l'ONUCI (Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire) qui a arrêté le président Gbagbo, ce sont les forces spéciales françaises qui l'ont remis aux rebelles d'Alassane Ouattara (le chef de l'Etat reconnu par la communauté internationale depuis le second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre ", a affirmé ce proche de Laurent Gbagbo au cours d'une conférence de presse à Bruxelles.

Alain Toussaint a qualifié d'"inacceptable" cette intervention française, qui, selon lui, "outrepasse le mandat de l'ONU et viole le droit international".  "Ce coup d'Etat est le couronnement d'une politique guerrière, illégitime et coûteuse, conduite par le président français Nicolas Sarkozy, avec la complicité du président américain Barack Obama et de  l'ONU ayant mis sous tutelle la diplomatie africaine", a-t-il ajouté. 

Le couple a été séparé

Alain Toussaint a par ailleurs annoncé qu'un collectif d'avocats saisis par la famille du président déchu avait écrit lundi à Alassane Ouattara, pour demander un "permis de visite" à Laurent Gbagbo, placé en résidence surveillée dans un lieu inconnu.

"Il a été séparé de son épouse, Simone, et conduit dans le nord du pays, peut-être même au Burkina Faso", a-t-il affirmé.
Mme Gbagbo est pour sa part retenue à l'hôtel du Golf à Abidjan, l'ancien QG du camp Ouattara durant le bras de fer qui a suivi le second tour de l'élection présidentielle ivoirienne du 28 novembre dernier.

Selon Alain Toussaint, "la violence et les tueries continuent" en Côte d'Ivoire, en dépit de l'impression générale de pacification du pays après cinq mois de crise post-électorale qui ont fait quelque 900 morts selon l'ONU. 

Alain  Toussaint a qualifié le président Ouattara de "chef de bandes armées" qui se livre à une "politique d'épuration ethnique". "Tous ceux qui sont pro-Gbagbo font l'objet d'une chasse à l'homme", a dénoncé le conseiller de l'ex-président, réaffirmant que M. Gbagbo était le chef de l'Etat légitime après sa victoire électorale - internationalement contestée.

Avec Belga

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