CRISE POLITIQUE

Crise: les divergences de vue persistent sur l'avenir du pays

Crise: les divergences de vue persistent sur l'avenir du pays

Reporters

Les présidents des partis francophones ont constaté mardi lors d'un entretien avec le négociateur royal Wouter Beke la "difficulté" persistante qu'il y a à discuter de l'avenir institutionnel du pays vu les divergences de vues communautaires.

M. Beke leur a présenté un "état des lieux", les thématiques abordées étant la loi de financement, la régionalisation de l'emploi et des soins de santé, ainsi que Bruxelles et BHV. Les quatre partis francophones ont fait état de leurs propositions, rappelant leur volonté d'avancer dans une discussion visant à une "réforme stabilisatrice de l'Etat" mais répétant leur hostilité à s'inscrire dans "quelque chose de beaucoup plus confédéral" voire franchement séparatiste.

Ces dernières semaines, les discussions avaient lieu à trois, entre Wouter Beke, Bart De Wever et Elio Di Rupo.

Mais la concertation entre partis francophones est régulière et, en matière institutionnelle, ceux-ci défendent un point de vue commun: l'acceptation d'une grande réforme de l'Etat à condition qu'elle ne remette pas en cause la viabilité de l'Etat fédéral, n'appauvrisse pas la relance économique des Régions, ne remette pas en cause la solidarité interpersonnelle et reconnaisse la qualité de Bruxelles comme Région à part entière.

Des "pas de géant" ont été effectués dans les discussions, assure-t-on, mais "le plus délicat", "le plus sensible" reste à faire, précise-t-on dans une formation francophone. "Les points de vue ne se sont pas rapprochés, pour schématiser, on en revient toujours au choix d'une consolidation de la Belgique face à celui d'une scission mécanique du pays", dit-on ailleurs.

Tous les partis sauf la NV-A au CD&V

A l'issue de la réunion avec les quatre présidents des partis francophones, Elio Di Rupo, Charles Michel, Jean-Michel Javaux et Joëlle Milquet, Wouter Beke a vu successivement les présidents du sp.a, de l'Open Vld et de Groen! , Caroline Gennez, Alexander De Croo et Wouter Van Besien. Au total, hormis la N-VA, l'ensemble des partis concernés par les discussions se sont retrouvés mardi au siège du CD&V.

"Huit partis ont répondu présent mardi pour cette étape intermédiaire qui peut peut-être permettre la relance de discussions dans un autre type de mécanique", commentait-on dans un parti francophone. "Prudence sur les analyses, il s'agissait simplement de réunions du négociateur royal, le matin avec les Francophones, l'après-midi avec les Flamands, mais séparément", relativisait une autres source francophone.

De plus en plus de voix se font également entendre pour que la Belgique avance rapidement sur les dossiers socio-économiques. Il serait "criminel" de ne pas le faire, a dit le président du MR Charles Michel. "Cela se fait déjà de facto, les partis représentés au gouvernement prenant leurs responsabilités", dit-on ailleurs.

Le premier ministre Yves Leterme a annoncé que la Belgique rentrerait auprès de la Commission européenne son programme de stabilité et son programme national de réforme d'ici la fin du mois d'avril. Cela a fait réagir la N-VA, qui organise pour sa part demain mercredi une conférence de presse sur le semestre européen. Elle s'étonne de ne pas être associée aux travaux.

La Chambre a pour sa part rappelé mardi dans un communiqué que le gouvernement s'était engagé à déposer les documents relatifs au budget 2011 durant la deuxième semaine des vacances de Pâques. Cela lui permettra d'entamer ses travaux dès la rentrée, l'objectif étant d'adopter le budget aux alentours du 19 mai.

Belga

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