JUDICIAIRE

Meurtre de Kitty: les trois accusés massivement coupables

Meurtre de Kitty: les trois accusés massivement coupables

Belga

La présidente de la cour d'assises de Bruxelles-Capitale, la juge Karin Gerard, a lu elle-même ce lundi soir l'arrêt motivant le verdict de culpabilité massive prononcé par le jury dans la matinée. Noureddine Cheikhni, Galip Kurum et Hassan Iasir sont bien les meurtriers de la policière Kitty Van Nieuwenhuysen. Des faits commis à Lot, la nuit du 3 au 4 décembre 2007. Le trio a également tenté de tuer le collègue de Kitty, l'inspecteur Peter Van Stalle.

La présidente Gerard a indiqué que les jurés ont reconstitué la chronologie des évènements grâce aux nombreux témoignages, ceux des policiers et des juges d'instruction, notamment.

Aux yeux du jury, les trois gangsters se sont rendus à Lot, la nuit du drame pour voler une camionnette Renault munie d'un élévateur. L'arrêt n'en dit pas plus sur cette tentative de vol mais les enquêteurs avaient relevé que ce type de véhicule est idéal pour qui veut commettre un casse avec une voiture bélier. Or, les deux premiers accusés sont spécialisés dans des attaques avec des véhicules béliers.

Dans l'esprit du jury, Cheikhni, Kurum et Iasir n'ont pas réussi à faire démarrer cette fourgonnette et ils ont alors décidé de voler la Peugeot 407 d'un voisin, Ismaïl Saccor. C'est pour cette raison qu'ils sont entrés chez lui en pleine nuit et qu'ils ont fait feu sur lui, l'atteignant à trois reprises, avant de s'emparer des clés de la Peugeot.

Le combi VW de la police a perturbé leurs opérations et Galip Kurum a fait feu sur les policiers, ne laissant aucune chance à Kitty et laissant l'inspecteur Van Stalle pour mort.

Cheikhni avait avoué un braquage à Roux, le 8 novembre 2007. Il en donc été reconnu coupable. Par contre, ses deux co-accusés en sont acquittés, comme l'avait suggéré le procureur général, Bernard Dauchot. Ce dernier a, par ailleurs, été suivi dans toutes ses réquisitions.

L’audience reprendra ce mardi matin à 11h30 pour débattre des peines à infliger aux coupables. Ils sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. Décision mardi soir.

 

« Belle démonstration de l’appareil judiciaire »

Tant le père de Kitty, que M. Sacoor ou que l’inspecteur Van Stalle, tous deux grièvement blessés, sont persuadés que les vrais coupables seront lourdement condamnés. « Ce verdict a été très douloureux à accoucher, comme l’ont été ces longues semaines pénibles pour arriver à une vérité judiciaire. Mais c’était passage obligé pour nous rendre justice. Ça ne nous rendra pas Kitty et mon épouse et moi, sommes condamnés à perpétuité. Jusqu’à notre mort, nous souffrirons de sa disparition », nous a déclaré hier soir Johan Van Nieuwenhuysen, le père de Kitty. Son épouse, Nelly Peeters a préféré rester silencieuse.

De poursuivre : « Demain, le trio va être lourdement condamné. Du moins, c’est hautement probable. Et ça rendra notre deuil moins difficile. Ce sont bien eux les coupables et il est important de leur barrer la route et de ne plus les laisser faire ce qu’ils veulent. La façon dont l’enquête et le procès se sont déroulés, le travail de notre avocat, Jef Vermassen, nous ont rendu confiance en la justice de notre pays. Pour nous, il s’agit d’une belle démonstration de notre appareil judiciaire ».

Ismaïl Sacoor voit en les trois coupables des êtres cyniques « qui ont joué et qui ont perdu ». « Je savais qu’ils allaient nier et jouer l’esquive systématiquement. Mais plus le procès avançait, moins il y avait de doute sur leur culpabilité. Mais ma première pensée est pour mes enfants. Ils vont enfin pouvoir dormir tranquilles, les tueurs sont en prison et ne sont pas prêts d’en sortir. Mais ce procès a été une épreuve aussi. La cruauté de certaines images, des souvenirs douloureux ont parfois réactivé des maux aux blessures dont je souffre encore. C’était peut-être psychosomatique, mais c’était réel », a conclu la première victime, dans l’ordre chronologique, du drame.

Pour l’inspecteur Van Stalle, « le verdict vient terminer le puzzle que j’avais commencé à constituer avec mes souvenirs et avec les informations qui me sont arrivées à chaque audience de ce procès ».