MONDE

Gbagbo arrêté après une offensive sur sa résidence

Gbagbo arrêté après une offensive sur sa résidence

EPA

Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et son épouse ont été arrêtés à l'issue d'une offensive généralisée, sur sa résidence à Abidjan, des forces de son rival Alassane Ouattara, appuyées par les forces françaises Licorne et la mission des Nations Unies (Onuci).

La nouvelle est tombée en milieu d'après-midi de la bouche de l'ambassadeur de France, Jean-Marc Simon: "Laurent Gbagbo a été arrêté par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, pro-Ouattara) et conduit à l'Hôtel du Golf (QG du camp Ouattara)"

M. Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, a été arrêté en compagnie notamment de son épouse Simone, considérée comme une "dure" du régime, et de son fils Michel, né d'un premier mariage.

Délogés par les forces de Ouattara

Laurent Gbagbo, 65 ans, qui refusait de reconnaître la victoire électorale de M. Ouattara le 28 novembre 2010, a été arrêté par les forces pro-Ouattara a-t-on indiqué de source diplomatique française et non pas par la force spéciale française Licorne comme indiqué plus tôt par l'agence de presse Reuters.

Une source diplomatique française a insisté sur le fait que Laurent Gbagbo n'avait "pas été arrêté par les forces spéciales françaises, qui ne sont pas rentrées dans l'enceinte de la résidence".Une source au ministère français de la défense reconnaissait cependant que l'Onuci et Licorne avaient agi "en soutien de l'opération" d'arrestation.

"M. Gbagbo a été arrêté par les troupes de M. Ouattara, c'est vrai, mais pas par les forces spéciales françaises, qui ne sont pas rentrées dans l'enceinte de la résidence" du chef de l'Etat ivoirien sortant.

La télévision pro-Ouattara TCI a diffusé des images de l'ex-président, qui était retranché dans sa résidence face à l'offensive des forces pro-Ouattara entrées dans Abidjan le 31 mars, en bonne santé mais l'air visiblement fatigué.

Pas de "chasses au sorcières"

"Le cauchemar est terminé" pour les Ivoiriens, a déclaré Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara. Il a appelé au "ralliement" les forces restées fidèles à l'ex-président, promettant qu'il n'y aurait pas de "chasse aux soricères".

M. Gbagbo "sera présenté devant la justice pour les crimes qu'il a commis", a de son côté déclaré à New York l'ambassadeur (pro-Ouettara) de Côte d'Ivoire auprès de l'ONU, Youssoufou Bamba.

Cette arrestation, au douzième jour de la bataille d'Abidjan, fait suite à une soirée et une journée de frappes menées par les hélicoptères de l'Onuci et de la force française Licorne sur la résidence présidentielle, située à Cocody (nord).

Ces raids visaient officiellement les armes lourdes du camp Gbagbo menaçant les civils, conformément à la résolution 1975 du conseil de sécurité de l'ONU.

Paris et l'ONU ont toujours insisté que leur mission n'était pas de renverser Laurent Gbagbo, dont le camp les accusait de vouloir "assassiner" le président sortant, qui n'a jamais reconnu sa défaite --pourtant certifiée par l'ONU-- face à M. Ouattara à la présidentielle de novembre.

Après l'arrestation de Gbagbo, le président français Nicolas Sarkozy s'est "longuement" entretenu par téléphone avec M. Ouattara, 69 ans, dont l'élection avait été reconnue par la communauté internationale.  

Des centaines de victimes

Au moins 800 personnes ont été tuées à Abidjan et dans le reste du pays depuis décembre 2010 jusqu'à la semaine dernière, mais le chiffre réel est probablement beaucoup plus élevé, c'est ce qu'ont indiqué lundi des responsables de l'ONU.

Abidjan a été le théâtre d'affrontements majeurs ces dernières semaines et est devenue une ville fantôme, a souligné M. Ivan Simonovic, secrétaire général adjoint de l'ONU. Il a estimé à 150 le nombre de personnes tuées à Abidjan par des armes lourdes utilisées par le camp de l'ancien président Laurent Gbagbo.

Il a précisé lors d'un point de presse que les corps de 400 autres personnes ont été dénombrés à Guiglo, Duékoué et Blolequin. Mais là aussi, le chiffre réel est probablement bien plus élevé, a-t-il dit.

M. Simonovic s'est rendu dans l'ouest du pays la semaine dernière pour enquêter sur des massacres, dont certains ont été attribués aux forces d'Alassane Ouattara.

 Avec Belga

 

Nos dernières videos