KNOKKE

Un restaurateur de la côte à un couple de Bruxellois : "Retournez dans votre pays, bande de chômeurs !"

Un restaurateur de la côte à un couple de Bruxellois : "Retournez dans votre pays, bande de chômeurs !"

Les jeunes Bruxellois concernés par les événements sont sous le choc. Belga

"Retournez dans votre pays, bande de chômeurs !" Ce serait en quelques mots le discours tenu par le propriétaire d'un établissement de Knokke à l'encontre d'un couple de Bruxellois de passage à la côte belge. Propos démentis par le responsable en question.

Dimanche dernier aux environs de 17h00, alors qu'il venait se restaurer à Marie Siska, un établissement réputé de Knokke, après une journée passée à la mer, un couple de Bruxellois aurait été victime d'insultes racistes de la part du propriétaire du restaurant. Pourquoi? Tout simplement parce qu'ils étaient francophones...

"Tout a commencé au moment du service, raconte la jeune Bruxelloise encore choquée par les événements. Moi et mon compagnon étions assis à une des tables du restaurant en attendant de passer commande. C'était le rush et le personnel était très occupé. Malgré tout, les minutes passent et personne ne nous sert. Peu importe, on décide de rester à notre table." Les minutes s'écoulent et le couple continue d'attendre patiemment jusqu'au moment où la serveuse s'approche d'eux. "Cette dame est arrivée à notre hauteur et a véritablement arraché le pot de sucre qui se trouvait sur notre table, sans rien nous demander. Mon compagnon et moi, ainsi que les gens autour de nous, étions un peu choqués par l'impolitesse de cette femme."

"Ils étaient agressifs"

Toujours assis à leur table, les deux Bruxellois interpellent alors la serveuse qui leur lance un "Je vais arriver" assez agressif. Deuxième mauvaise impression en l'espace de quelques secondes. Et la situation ne va pas s'améliorer avec le retour de la serveuse venue prendre la commande cette fois.

"Elle est arrivée près de nous avec son calepin et nous a demandé ce qu'on prenait en français mais d'un ton très peu aimable, explique la jeune femme. C'est à ce moment qu'on lui a fait remarquer que son attitude était impolie. À quoi, elle nous a répondu aussi agressivement qu'elle s'était déjà excusée." Pour le couple de Bruxellois, c'en est trop. Ils se lèvent et quittent leur table.

Avant de partir, les francophones font part de leur déception auprès du propriétaire de l'établissement quant au comportement de la serveuse. Et là, stupeur à nouveau. "À peine on a commencé à lui parler qu'il est devenu très agressif dans ses propos : "Quoi? Qu'est-ce qu'il y a encore? C'est pas possible avec vous - sous-entendu les francophones. Vous faites toujours des histoires." Incroyable ! Et le propriétaire continuait à s'en prendre personnellement à nous : "De toute façon, vous ne savez pas comment on travaille dans votre pays (sic). Venez chez moi bande de chômeurs pendant un jour et vous verrez ce que c'est que de travailler. En plus regardez-vous, vous êtes mal habillés. Vous êtes pauvres. Je vous emmerde." Pendant une vingtaine de minutes, le propriétaire des lieux s'en serait pris au couple en faisant le tour des stéréotypes sur les Wallons. "Et même lorsqu'on est sorti, le propriétaire est revenu à la charge en voulant frapper mon compagnon. Heureusement qu'un serveur est venu retenir son patron qui au passage s'en était déjà pris à un couple de Namurois il y a quelques années." Des propos que dément le gérant du Marie Siska : "Ce qu'il s'est passé ce dimanche, c'est que ces deux clients ont été impolis envers ma femme qui venait pour les servir. En plein rush, ils ont fait un esclandre devant tout le monde en se plaignant ouvertement. On leur a juste demandé de partir mais on ne les a pas insultés comme ils le disent. Et je n'ai pas voulu les agresser physiquement non plus."

Le propriétaire du Siska: "Pas de problèmes avec les francophones"

Au final, les jeunes Bruxellois concernés par les événements sont sous le choc. "Depuis que je suis toute petite, je vais à la mer, ajoute la cliente francophone. Mais depuis quelque temps, j'ai l'impression que les Bruxellois et les Wallons n'y sont plus les bienvenus. Comme si on était des étrangers dans notre propre pays." Faux selon le propriétaire du Marie Siska. Pour lui, la confusion règne dans les esprits : "Avec la montée de la N-VA et de Bart De Wever, les francophones ont l'impression que nous ne les apprécions pas. Mais ce n'est pas le cas. Sinon, pourquoi je ferais l'effort d'utiliser des cartes bilingues par exemple?"

On ne saura jamais, sans doute, le dernier mot de l’histoire. Mais ce qui est certain, c’est que ce qui s’est passé à Knokke, dimanche, reflète assez bien le climat de défiance qui règne à présent dans une bonne partie de la population belge.