POLICE

F. Koekelberg, artisan de la réforme des polices, au coeur de plusieurs polémiques

F. Koekelberg, artisan de la réforme des polices, au coeur de plusieurs polémiques

Reporters

Le commissaire général de la police fédérale, Fernand Koekelberg, 56 ans, a annoncé dimanche sa démission à compter de lundi à la suite des critiques dont il a fait l'objet, notamment pour un déplacement professionnel controversé au Qatar.

De nombreux dossiers ont déjà entaché son parcours à la tête de la police fédérale, notamment pour la nomination de deux de ses collaboratrices. Récemment, il a été mis sur la sellette pour un voyage au Qatar où il s'est rendu pour défendre sa candidature à la vice-présidence du comité exécutif d'Interpol. Le coût de ce voyage est estimé à 92.000 euros.

Malgré le fait que le Comité P, organe qui contrôle la police, a estimé dans un premier temps qu'il n'y avait de problème avec ce voyage, la polémique n'a fait que croître lorsque le coût du voyage a été révélé et lorsque le député Ben Weyts (N-VA) a découvert une circulaire signée par M. Koekelberg dans laquelle celui-ci demandait aux membres de son personnel la prudence financière pour les voyages à l'étranger en raison des difficultés budgétaires de la police fédérale. M. Weyts a alors demandé la démission du commissaire général au nom de son parti.

La ministre de l'Intérieur, Annemie Turtelboom, a demandé vendredi une nouvelle enquête du Comité P et a invité l'inspection générale de la police à examiner en profondeur la comptabilité du commissariat général de la police fédérale.

Dans cette dernière polémique, M. Koekelberg a reçu le soutien de la CSC et du Syndicat national du personnel de Police et de Sécurité (SNPS). Celui-ci jugeait que l'émoi autour du déplacement de lobbying de M. Koekelberg au Qatar est exagéré et dénonçait une machination politique.

Un artisan de la réforme des polices

M. Koekelberg est né le 21 décembre 1954. Il a commencé sa carrière à la gendarmerie en 1972, alors qu'elle était encore une des branches des forces armées. Diplômé en droit de l'ULB, ils'est rapidement tourné vers le monde politique. Il a notamment travaillé au cabinet du ministre de la Justice Melchior Wathelet (cdH) comme officier de liaison.

Mais il s'est surtout fait connaître pour sa participation au sein du cabinet du ministre de l'Intérieur, Antoine Duquesne (MR), pour la mise en oeuvre de la réforme des polices, un des grands chantiers ouverts après l'affaire Dutroux et les dysfonctionnements constatés à cette occasion. Il a alors fait montre de ses compétences pour la mise sur pied de la police intégrée, abattant un travaille énorme et d'une rare complexité notamment pour harmoniser les statuts des différents corps de polices, réorganiser entièrement la police et la lancer sur la voie d'un travail plus scientifique.

Il est devenu commissaire général de la police fédérale le 1er mars 2007, succédant à un autre ancien gendarme, Herman Fransen.

Belga