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Lybie, Bahreïn, Maroc, Yemen: le séisme contestataire se propage

Lybie, Bahreïn, Maroc, Yemen: le séisme contestataire se propage

Belga

Plus de cent morts en Libye, des manifestations au Bahreïn et au Maroc. L'onde de choc née en Tunisie, puis en Egypte, continue de se propager d'Afrique du Nord au Moyen-Orient. Tour d'horizon.

La vague de contestation qui frappe l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient ne cesse de faire tâche d'huile. Par centaine, des manifestants sortent, au péril de leur vie dans la rue pour réclamer un monde plus juste. Internet et autres moyens de communications sont muselés. On ne compte plus les morts et les blessés.

Lybie: répression dans le sang

Au moins 104 personnes ont été tuées en Libye depuis le début de la contestation  contre le régime du colonel Kadhafi mardi. C'est ce qu'a affirmé l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW), citant des sources médicales et des témoins. La révolte se produit surtout à Benghazi (est), deuxième ville du pays et bastion de l'opposition.

"Mais c'est une photographie incomplète de la situation car les communications avec la Libye sont très difficiles. Nous avons de fortes inquiétudes (...) qu'une catastrophe soit en cours en matière de droits de l'homme", a-t-il ajouté.

Maroc: limiter les pouvoirs du roi

Des milliers de Marocains ont participé dimanche à des manifestations dans plusieurs villes du pays pour réclamer des réformes politiques, dont une limitation des pouvoirs du roi, premier mouvement de ce type dans le pays depuis le début des révoltes dans
le monde arabe.

Entre 3.000 et 4.000 personnes - 1.500 en excluant les badauds, selon une source policière - se sont rassemblées à Rabat avant de défiler dans une grande artère du centre scandant "le peuple veut le changement" ou dénonçant "la corruption".

Des manifestations rassemblant plusieurs milliers de personnes ont également eu lieu dans d'autres villes marocaines, dont Casablanca, Tanger et Marrakech. Aucun incident majeur n'avait été signalé en milieu de journée.

Certains scandant: "liberté, dignité, justice". Des banderoles proclamaient: "Le roi doit régner et non gouverner" ou "Le peuple veut une nouvelle Constitution", tandis que des
groupes de gauche demandaient "moins de pouvoirs à la monarchie". Aucun incident n'avait été signalé dans les deux villes en fin de matinée.

Dans la foulée des événements de Tunisie et d'Egypte, de jeunes Marocains avaient lancé sur Facebook le mouvement "du 20 février", appelant à manifester pacifiquement pour réclamer une nouvelle Constitution limitant les pouvoirs du roi et plus de justice sociale.

Yemen: les étudiants manifestent sans violence

Plusieurs centaines d'étudiants yéménites ont manifesté dimanche devant le campus de l'université de Sanaa sans être inquiétés par les partisans du pouvoir tenus à l'écart par la police.

Les étudiants ont scandé des slogans contre le régime du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Une centaine de partisans du régime se tenaient à une centaine de mètres des manifestants, dont ils étaient séparés par des cordons de
policiers.

De violents heurts avaient opposé samedi à Sanaa des étudiants à des partisans du régime, faisant de nombreux blessés.

Le Bahreïn: le calme après la tempête

Au Bahrein, des centaines de protestataires bahreïnis ont passé une nuit sans encombres sur la place de la Perle, dans le centre de Manama, reconquise après le retrait samedi de l'armée et de la police.

L'union générale des syndicats a annoncé dimanche avoir levé son mot d'ordre de grève générale, estimant que ses demandes d'un retrait de l'armée de Manama et du droit de manifester ont été satisfaites.

"A la suite des derniers développements et en raison du retrait de l'armée et du respect du droit de manifester pacifiquement, l'union a décidé de lever son mot d'ordre de grève générale et d'appeler à la reprise du travail à partir de lundi".

 Jordanie: Abdallah II demande des réformes réelles et une lutte contre la corruption

Le roi Abdallah II a appelé dimanche le gouvernement, le Parlement et la justice à prendre des mesures rapides pour engager des "réformes politiques réelles", entamer un "dialogue général" et lutter contre la corruption.

"Je veux des résultats rapides. Lorsque nous évoquons les réformes politiques, il s'agit de réformes réelles et modernes", a dit le roi, en recevant au palais royal les responsables du gouvernement, du Parlement et du pouvoir judiciaire. Le roi a évoqué les affaires de corruption soulignant qu'il fallait agir "rapidement".

Les manifestations en Jordanie depuis janvier ont toutes appelé à des réformes politiques et à la lutte contre la corruption alors que des partis politiques et des regroupements tribaux ont demandé le "jugement de hauts responsables corrompus quel que soit leur rang".

Des partisans du régime jordanien ont attaqué vendredi une manifestation de centaines de jeunes qui réclamaient des réformes, et "la fin de la corruption", faisant plusieurs blessés, les premières violences dans le royaume depuis le début du mouvement de contestation sociale et politique en janvier.


C.J. Avec Belga

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