CRISE

La N-VA fait la sourde oreille pour un speed-dating avec des politiques

La N-VA fait la sourde oreille pour un speed-dating avec des politiques

Un débat qui promet dêtre riche et coloré. D. R.

Un speed-dating avec des personnalités politiques organisé notamment par une Flamande de Wallonie: une idée rassembleuse. Mais la N-VA joue au sourd...

Certains diront que c’est un peu la petite maison dans la prairie, une utopie doucement naïve.

L’idée d’organiser un speed-dating ouvert à tous avec des hommes et des femmes politiques et des Flamands habitants en Wallonie qui seront là pour témoigner, est pourtant une idée citoyenne originale et peu commune. C’est ce qu’ont décidé de mettre sur pieds quelques personnes au BPS 22 de Charleroi le 25 février en soirée. Parmi elles, Kristien Valette, prof dans les classes d’immersion du Collège St Augustin de Gerpinnes.

La jeune femme est flamande et vit depuis 6 ans en Wallonie. Et elle en a franchement marre des clichés qui circulent d’une communauté sur l’autre. Pour elle, oui, il y a de la place pour un compromis équitable dans le cadre d’une grande réforme de l’État. Rassembler des citoyens Flamands et des francophones autour d’une même table pour discuter de la situation actuelle est un premier pas vers une compréhension mutuelle loin d’être impossible. «On veut montrer que les oppositions sont surestimées» explique Kristien. «On doit apprendre à se connaître. Nous, les Flamands qui vivons en Wallonie, on sait quelle est la réalité. Les Flamands de Flandre ne la voient pas. Oui, il y a plus de chômage par ici. Mais il y a un élan positif. Notez bien que le problème d’image de l’autre communauté est vrai dans l’autre sens aussi.La plupart des francophones ne connaissent pas de Flamands dans leur entourage direct. C’est l’occasion de se rencontrer ».

Plusieurs personnalités politiques ont déjà confirmé leur présence pour à ces tables rondes qui dureront chaque fois un quart d’heure : Paul Magnette, Émily Hoyos, Jean-Jacques Viseur sont annoncés. À l’heure actuelle, on ne sait toujours pas si des politiques Flamands seront présents.

«Nous avons contacté la N-VA explique encore Kristien, mais on ne nous a jamais répondu… » Un lieu symbolique Le BPS 22, ancien hall industriel aujourd’hui reconverti en haut lieu de la vie culturelle hennuyère, n’a pas été choisi par hasard pour organiser cet événement.

«C’était ici ou au Bois du Cazier. L’industrie et la mine sont des symboles forts pour nous, Flamands : c’est dans ces deux secteurs que les Flamands sont venus trouver du travail quand la Flandre allait mal sur le plan économique. »

Symbolique, comme cette rencontre. Mais après, qu’en retirer concrètement? «Le but est surtout de montrer qu’on doit arriver à un compromis. Et que les gens se rendent compte qu’il y a beaucoup de Flamands en Wallonie. Et que la plupart préfèrent vivre ici parce que la qualité de vie y est meilleure qu’en Flandre. Après ? On verra. Peut-être tentera-t-on le même coup en Flandre avec des Wallons qui y habitent, pourquoi pas. » conclut Kristien, la plus Wallonne des Flamandes.