Bourgmestre Wezembeek chahuté par le TAK à son domicile

Des manifestants du TAK auraient fait irruption vendredi soir au domicile du bourgmestre de Wezembeek-Oppem, François van Hoobrouck. Reporters

Des manifestants du Taal Aktie Komitee (TAK) ont fait irruption vendredi soir au domicile du bourgmestre faisant fonctions de Wezembeek-Oppem, François van Hoobrouck, et l'ont agressé verbalement.

Selon le quotidien Le Soir, les manifestants étaient porteurs de guirlandes multicolores et exhibaient une affiche sur laquelle on pouvait lire, en néerlandais: "Après 77 ans, il continue de violer la Constitution". M. van Hoobrouck, dont c'était le 77e anniversaire vendredi, regardait la télévision avec son épouse.

Selon lui, il a ouvert la porte et s'est retrouvé face à une quinzaine de membres du TAK qui l'ont agressé verbalement en affirmant qu'il ne respectait pas les lois linguistiques, qu'il ne méritait pas sa place de bourgmestre, et que c'était une honte qu'il soit encore là.

M. Van Hoobrouck a alors répliqué en "vociférant" que cela le confortait dans l'idée qu'il n'y a aucun respect pour les droits des Francophones en périphérie. "Ils étaient fous de rage et ils ont continué à m'invectiver durant plusieurs minutes", a encore confié le bourgmestre au Soir.

Les manifestants ont ensuite jeté affiches et guirlandes dans le hall de la maison avant de se retirer. Le bourgmestre ff a déposé plainte auprès de sa police pour violation de domicile et menaces.

Encore sous le choc ce samedi matin M. van Hoobrouck a déclaré qu'en périphérie bruxelloise, des groupuscules exercent une pression morale et physique sur des élus locaux qui osent dire tout haut qu'ils souhaitent que leur commune rejoigne la Région bruxelloise. "Ce n'est plus vivable. Certains d'entre eux commencent à ne plus le supporter. La vie politique en périphérie ressemble de plus en plus à un apostolat", a-t-il encore dit au quotidien.

Indignation dans le monde politique

Charles Michel (MR) a condamné la violation du domicile de M. van Hoobrouck. "Je condamne fermement ces actes de violence. C'est une attitude totalement inacceptable. J'espère qu'il y aura une réaction judiciaire à la hauteur de la gravité des faits. "En démocratie, on débat avec des arguments et pas en usant de violence. Il s'agit de comportements tout à fait indignes de notre Etat de droit", a-t-il déclaré.

Le Président du groupe MR de la Chambre, Daniel Bacquelaine, s'est également exprimé via un communiqué: "L'agression menée hier/vendredi soir par une quinzaine d'excités du Taal Aktie Komittee à l'encontre de François Van Hoobrouck (bourgmestre de Wezembeek-Oppem) et son épouse à leur domicile est tout bonnement honteuse".
"C'est un acte d'intrusion et d'intimidation inqualifiable qui mérite des suites judiciaires appropriées" a déclaré M. Bacquelaine. "Cette agression du TAK doit convaincre tous les francophones de l'importance qu"il y a de défendre les droits fondamentaux des francophones et d'exiger l'élargissement de Bruxelles aux communes de la périphérie qui le souhaitent", a-t-il souligné. Le député a également manifesté son soutien au bourgmestre de Wezembeek-Oppem, de Linkebeek et de Crainhem dans leur combat pour faire respecter "les droits de tous leurs administrés, francophones comme néerlandophones".

Joëlle Milquet, la présidente du cdH, a tenu également à exprimer son indignation. "Elle espère que la justice fera son travail au plus tôt et que tous les responsables politiques tant flamands que francophones condamneront ces actes indignes".

Le président du parti socialiste, Elio Di Rupo, a "condamné fermement" les faits commis vendredi soir par des membres du TAK à l'encontre du bourgmestre de Wezembeek François van Hoobrouck. Selon le président du PS, "toute forme de violence, quelle qu'elle
soit, est inacceptable dans un Etat de droit". L'attitude des membres du TAK est à cet égard "scandaleuse" et doit faire l'objet d'une "enquête judiciaire approfondie et rapide", a-t-il précisé. Nous vivons dans une démocratie, où les échanges d'idées et de
projets de société doivent impérativement se faire de manière pacifique, a encore souligné M. Di Rupo.
 


Avec Belga


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