POLITIQUE

Le MR va remplacer Reynders pour le 13 février au plus tard

Le MR va remplacer Reynders pour le 13 février au plus tard

Belga

Didier Reynders sera remplacé pour le 13 février prochain. La décision est tombée hier soir après trois heures de discussion.

Le MR était en pleine effervescence. Lancer de suite l’élection d’un nouveau président ou pas ? La décision est tombée hier soir vers 22H30. Le nouveau président du MR sera installé pour le 13 février prochain, au plus tard. Et Didier Reynders quittera alors l’avenue de la Toison d’Or. La date des élections internes n’est pas encore connue. Il faut encore calculer toute la procédure.

La vacance de pouvoir est donc déclarée officiellement chez les bleus. Elle était réclamée de toutes parts. Depuis lundi, on assistait à un grand jeu de chaise musicale à travers la presse. Chacun des leaders du parti y est allé de son interview fracassante. Et c’est parti dans tous les sens. Hier matin, Denis Ducarme réclamait l’élection en poussant en avant Charles Michel. Alain Destexhe, par contre, plaidait pour postposer afin d’ouvrir le champ des candidatures.

Hier soir, une longue réunion de trois heures s’est tenue dans un lieu secret. Ordre du jour : organiser la succession de Didier Reynders. On disait Willy Borsus bien décidé à arracher une date ferme et précise pour tenir des élections présidentielles. L’idée du 15 janvier était avancée. Et c’est à peu près ce qui s’est passé.

Le bureau exécutif du MR a arrêté une décision vers 22H15. Six personnes y siègent. Le toujours président Didier Reynders ; le vice-président Willy Borsus ; la chef de file germanophone Kattrin Jadin ; le patron du FDF Olivier Maingain ; celui du MCC Gérard Deprez et enfin Louis Michel en tant qu’ancien président.

Les échos de la réunion étaient assez unanimes pour dire que finalement tout s’était bien passé. « La volonté était de passer à quelqu’un d’autre. C’était entendu. L’ambiance était bonne », disait l’un. « Tout s’est déroulé de manière très consensuelle. Une date a été demandée. C’était légitime. Ce sera donc comme ça », ajoutait l’autre.

Et maintenant qui sera candidat ? Le CD & V, qui organise une élection interne pour le moment, a choisi l’option du candidat consensuel. Mais il est moins évident que le cœur des bleus puisse battre pour une seule personne (qui serait Charles Michel ?). D’autres candidats sont possibles ou probables. Le nom de Sabine Laruelle est évoqué. Alain Destexhe pourrait se lancer dans la course. Daniel Bacquelaine aussi.

Peur bleue

Les libéraux ont une peur bleue d’être rejetés de tous les niveaux de pouvoir. La panique les gagne. Et la personnalité de Didier Reynders cristallise, depuis trop longtemps, les mouvements d’humeur d’un groupe dissident baptisé « Renaissance ». Des dissidents emmenés par Willy Borsus et accompagnés par Michel père et fils ou encore Gérard Deprez.

Depuis les élections de juin 2009 et l’échec du MR, le parti est déchiré par une lutte intestine entre partisans et adversaires de Didier Reynders. Les élections de juin 2010, qui se sont traduites par un nouveau ressac des Réformateurs et leur mise à l’écart des négociations ont remis le sujet à l’ordre du jour.

Et puis, les négociations sont interminables. Et la possibilité d’élections fédérales anticipées se profile de plus en plus à l’horizon. « Il faut redémarrer à zéro. Vite. S’il y a des élections anticipées, on sera prêt pour février, mars avec un nouveau président », plaidait un pro-élection. « Folie », disait-on de l’autre côté. « Quel superman pourrait se faire élire et être prêt deux semaines plus tard pour un scrutin ? »

Les dés sont jetés. Le MR se lance dans la lutte présidentielle.

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