BELGODYSSEE 2010

Un petit bout de Pologne à Ixelles

Un petit bout de Pologne à Ixelles

Zenon Lupina aime revenir près des étangs d’Ixelles, un lieu riche en souvenirs. Daisy Boulanger

Une nouvelle étape à Bruxelles pour notre concours Belgodyssée. Daisy Boulanger s'est promenée au bord des étangs d'Ixelles en compagnie de Zenon Lupina. Ce Polonais de souche y retrouve un peu de son pays.

C’est sur le rythme des notes de piano jouées par Chopin que Zenon Lupina nous conduit vers les jardins d’Ixelles, à Bruxelles. Ses souvenirs résonnent comme sur les mélodies du compositeur : douces et mélancoliques à la fois.

«Quand je suis arrivé à Bruxelles, j’étais fatigué de mon voyage, je me suis alors reposé sur un banc des étangs d’Ixelles. Il faisait beau, je me sentais comme chez moi, j’avais l’impression d’être dans mon village.»

Zenon Lupina est originaire de Lublin, dans le sud-est de la Pologne, et est arrivé pour la première fois en Belgique en 1981, après avoir traversé l’Allemagne et la Hollande, en stop avec deux amis. «J’ai habité au bord d’un étang en Pologne, alors quand je me suis trouvé ici, ça m’a fait du bien. On entendait le clapotis de l’eau et le chant des oiseaux.» Il est vrai que le lieu possède quelque chose de fascinant : un cadre verdoyant au sein de la ville, comme si la nature avait toujours sa place parmi les pavés en béton du XXIe siècle.

Un choc culturel

Malgré la familiarité du lieu aux yeux de Zenon, les jardins d’Ixelles apparaissent comme une barrière socioculturelle : «Lorsque je me suis assis au bord des étangs, j’ai attendu quelques heures. Je regardais vers un restaurant où les gens mangeaient, buvaient… Moi, je ne pouvais même pas me permettre de m’acheter une soupe. À l’époque, c’était la civilisation à côté de moi, et moi séparé d’eux. C’étaient les différences entre l’Est et l’Ouest.»

Quittant alors ce lieu, si proche et si éloigné à la fois, Zenon se dirige vers
la Maison des anciens combattants, une adresse obtenue en Pologne.
Il se souvient encore très bien de son accueil : «Une dame est venue
m’ouvrir et comprit que j’étais originaire de Pologne. Elle prononça quelques mots en polonais et je fus soulagé. J’ai été accueilli à bras ouverts.»

Zenon Lupina resta près de deux semaines en Belgique, pour y revenir en 1984, mais cette fois-là, en tant que réfugié politique : l’ère du régime Jaruzelski étant à son apogée, il décida alors de s’installer défi nitivement chez nous, mais en gardant toujours les yeux qui brillent lorsqu’il évoque son pays natal.

Daisy Boulanger

Partir à la découverte du monde m’intéresse par-dessus tout. Passionnée
de photographie, d’art et férue de culture, je suis toujours prête à faire travailler ma créativité. Curieuse et spontanée, je m’investis au maximum dans les projets que j’entreprends.
dboulanger@student.ulg.ac.be

+ La Belgodyssée chaque samedi dans le journal L'Avenir.


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