POLITIQUE

Naturalisations : 35% de demandes approuvées, pas 50%

Naturalisations : 35% de demandes approuvées, pas 50%

Joëlle Milquet, a démenti le taux de plus de 50% de naturalisations belges approuvées par rapport aux demandes. EdA

La ministre de l'Egalité des chances, Joëlle Milquet, a démenti ce dimanche le taux de plus de 50% de naturalisations belges approuvées par rapport aux demandes, le chiffrant à 35% selon des données de la Chambre.

Samedi, les quotidiens De Morgen et Het Laatste Nieuws faisaient état de 69.102 personnes ayant obtenu la nationalité belge sur 132.509 demandes de naturalisation entre 2000 et 2009, soit 52% de réponses positives.

La députée N-VA Sarah Smeyers dénonçait dès lors un "régime de faveur" qui serait devenu "la procédure standard".

Exhibant sur les plateaux télévisés de la RTBF et de RTL-TVI des chiffres de la Chambre, Mme Milquet a précisé qu'en dix ans, "sur 175.000 demandes, il y a eu 61.000 acceptations, ce qui fait 35%".

Dès lors, les chiffres sortis dans la presse "un peu par hasard" sont faux, selon Joëlle Milquet. "J'adore les chiffres, mais j'adore quand ils sont vrais", a-t-elle commenté.

Le gouvernement démissionnaire a projeté de relever de trois à cinq ans la durée de présence sur le territoire belge comme condition d'octroi de la nationalité.

Il veut aussi exiger la connaissance d'au moins une des trois langues nationales, un critère déjà d'application à la commission des naturalisations de la Chambre, mais pas encore formalisé dans la loi.

Pour la N-VA, la naturalisation doit rester l'exception, et le critère de la langue doit concerner précisément la langue de la région dans laquelle habite le demandeur, et non simplement l'une des trois langues nationales.

"Tout le monde est d'accord pour renforcer les conditions d'accès à la nationalité, la Flandre doit le savoir, mais nous voulons que cela soit humain", a relevé le député PS Rachid Madrane.

La sénatrice Groen! Freya Piryns a quant à elle plaidé pour une objectivation de la procédure des naturalisations en créant une commission "indépendante" chargée de se prononcer sur les dossiers, composée d'un magistrat, d'un représentant de la société civile (ONG) et d'un avocat. Cette commission examinerait les cas et ferait une proposition au parlement.

En matière d'intégration des primo-arrivants, Joëlle Milquet a loué la politique d'intégration de la Flandre et rejoint le député N-VA Theo Francken qui réclamait que les francophones développent eux aussi un parcours d'intégration civique ("inburgering") obligatoire pour les primo-arrivants.

"Sur ce point, je suis d'accord. Sur sa stratégie de la diversité et les politiques d'insertion, la Flandre a une politique d'accueil efficace et personnalisée pour les primo-arrivants", a commenté Joëlle Milquet, qui présentera lundi les conclusions des assises de l'interculturalité.

Les accords de gouvernement de l'Olivier (Bruxelles, Région wallonne et Communauté française) "prévoient de développer une politique du même ordre", a-t-elle rappelé.

Mais cela demande des moyens complémentaires pour Bruxelles, où "nous sommes assis sur une bombe sociale" si l'on ne donne pas aux jeunes la possibilité d'y participer, a-t-elle plaidé.

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