Avec Karine et Rebecca, on va redormir avec Nounours

Les deux soeurs ont laissé de jolis souvenirs. D. R.

La firme de disques Hebra Records a décidé de rééditer les plus belles chansons de Karine et Rebecca. Retour en enfance…

Karine et Rebecca. Rien que la prononciation de ces deux prénoms rallume quelques étoiles dans les yeux de ceux qui étaient enfants dans les années 60. Les deux petites Bruxelloises avaient 5,5 et 4,5 ans quand elles ont entamé une carrière de… chanteuses.

C’était en 1964, avec la sortie de Moi je dors avec nounours. Un titre écrit par leur papa, Eddie Defacq – musicien de jazz – et Jean Darlier, auteur-compositeur. À l’époque, Anne Sylvestre vient de sortir son premier disque pour enfants, intitulé Les Fabulettes. Sinon, la chanson pour enfants se résume aux comptines chantées dans la cour d’école.

«C’est en voyant tous ces musiciens venir à la maison que j’ai eu envie de chanter», raconte Karin Defacq (sans «e », à Karin, une erreur sur les pochettes). Le succès est immédiat. 600 000 exemplaires du 45 tours s’écoulent, ce qui vaudra à Karine et Rebecca d’obtenir un disque d’or. «Ma soeur et moi avions apporté nos disques d’or à l’école pour les montrer à nos petites copines. Ma soeur a ouvert sa boîte et son disque est tombé et a roulé dans la cour. Elle m’a toujours dit : Le mien, je sais lequel c’est, il a un coup!», rigole Karin, qui se souvient de cette époque avec bonheur. «C’était très amusant pour ma soeur et moi. On voyait plein de gens… Mais on a vécu une vie tout à fait normale, on allait à l’école, on était punies comme tout le monde quand on faisait une bêtise… Nos petits camarades nous demandaient de signer des autographes, des journalistes venaient nous voir.»


Les deux soeurs ont ensuite enchaîné les titres, toujours sur les mêmes thématiques: le cirque (Petit clown), les animaux (Le jardin zoologique), les fêtes (J’ai rencontré Saint-Nicolas, Prière à Saint- Nicolas, La nuit du 6 décembre, Chantons Noël…) «Ma soeur a arrêté de chanter en 1977 et moi j’ai continué une carrière solo jusqu’en 1988. Là, je me suis mariée, j’ai eu des enfants et j’ai travaillé au Centre culturel de Watermael-Boitsfort, commune où j’habite toujours.»

Pour Rebecca, la suite fut plus difficile. «Mais la vie est dure pour beaucoup de monde, coupe sa grande soeur. Aujourd’hui elle va bien, elle a trois grands enfants, on se tient la main et on se réconforte l’une l’autre…» Et les deux soeurs envisagent de se retrouver pour un projet commun. «On ne va plus chanter les chansons de Karine et Rebecca (rires). On projette de faire une expo à deux dans le domaine des arts plastiques. »



En attendant, les deux soeurs s’apprêtent à devoir répondre aux sollicitations des journalistes suite à la réédition de leurs chansons en CD par la firme Hebra Records. Ce qui ravive inévitablement des souvenirs. «C’était l’époque de l’insouciance, merveilleuse. On avait des yeux et des oreilles rien que pour nous. Cela nous a amené beaucoup de choses. » Sauf de l’argent… «Malheureusement, il n’y avait pas de loi à l’époque. Nous n’avons rien touché. Cela aurait été logique que l’on ait un petit compte épargne pour mettre de côté, mais cela ne s’est pas passé comme ça… Et puis nous n’étions qu’interprètes, nous n’aurions pas touché grand-chose. Tout ça c’est le passé, il faut regarder vers l’avenir…»

+ Karine et Rebecca, « Les plus belles chansons pour petits et grands enfants », Hebra Records