BASKET-BALL

Mondial : Les Etats-Unis sacrés champions du monde

Mondial : Les Etats-Unis sacrés champions du monde

Les Etats-Unis sont sacrés champions du monde. Reporters

Les Etats-Unis ont été sacrés champions du monde de basket-ball grâce à leur victoire 81 à 64 sur la Turquie en finale du Mondial, ce dimanche, à Istanbul.

C'est la fin d'une longue attente pour les Américains qui n'avaient plus remporté de titre mondial depuis seize ans et leur victoire en 1994 à Toronto.

Il s'agit du quatrième titre de champion du monde pour les USA qui ont longtemps négligé la compétition et ne figurent qu'en deuxième position au palmarès des nations, à une longueur derrière l'ex-Yougoslavie devenue Serbie.

Ce titre confirme leur grand retour sur la scène internationale, deux ans après leur victoire aux Jeux de Pékin. Même privés de l'ensemble des douze champions olympiques de 2008, ils ont réussi à repousser la concurrence, européenne surtout, en s'appuyant sur un Kevin Durant fantastique.

Auteur de 38 points en demi-finale, l'ailier d'Oklahama City a encore été l'acteur décisif de la finale en marquant 28 points.

Malgré l'hostilité d'une salle déchaînée en début de match, les Etats-Unis ont rapidement pris une avance de dix points et pratiquement tué le match dès la reprise après deux paniers primés de Durant (50-32).

Ils ont ensuite contrôlé la fin de match pour succéder à l'Espagne et devenir la première équipe qualifiée pour les Jeux de Londres en 2012.

La Turquie, qui court toujours après son premier grand titre international, échoue en finale malgré l'appui inconditionnel de son bouillant public, comme c'était déjà le cas lors de l'Euro-2001 face à la Serbie-Monténégro.

L'équipe de Bogdan Tanjevic peut néanmoins être fière de son parcours et du vent d'enthousiasme qu'elle a soulevé dans le pays, notamment lors de la demi-finale extatique (83-82) samedi face à la Serbie.

Tanjevic a gagné quand même

Bogdan Tanjevic a mis tout son coeur pour emmener la Turquie en finale de "son" Mondial et l'aventure restera gravée à vie malgré la défaite (81-64) face aux Etats-Unis dimanche à Istanbul.

"Si on perd, on sera les petits champions du monde car pour moi les USA jouent dans une autre cour", avait dit samedi le coach monténégrin, conscient de l'immensité du challenge qui se présentait à lui, dans le droit fil d'une année où il doit relever des défis autrement plus difficiles.

Au printemps, on lui a diagnostiqué un cancer du colon, une nouvelle qui l'a laissé abasourdi avant qu'il ne redresse la tête et commence son combat pour la vie, tout en continuant à guider une équipe qu'il couve depuis six ans.

S'il a interrompu sa thérapie le temps du Mondial, il va reprendre la lutte dès la semaine prochaine. En attendant, son été a pris une dimension unique pour ce passionné de 63 ans qui en a pourtant connu d'autres, lui le champion d'Europe des nations avec l'Italie en 1999 et des clubs avec Sarajevo en 1979.

"Qu'est-ce qu'entraîner sinon recevoir de l'amour de ses joueurs et de leur en donner?", aime à dire le Monténégrin, flanqué de ses célèbres cigarillos.

A le voir au milieu de ses joueurs, emplis de respect, il a dû être servi. "Cette année, je n'ai jamais eu à me plaindre ou à élever la voix. Mes joueurs ont été exemplaires, ils ont travaillé très dur", confirme "Boscia" pour qui guider ses joueurs jusqu'en finale signifie "énormément de choses".

"Maestro"

"Vous savez, j'ai toujours passé beaucoup de temps à construire mes équipes, racontait-il samedi soir dans son anglais inimitable. Je suis resté dix ans au Bosna Sarajevo, puis deux avec la sélection yougoslave. Après je me suis évadé en Italie pour gagner un peu d'argent car j'étais mal payé dans mon pays. Je suis resté quatre ans à Caserte et dix ans à Trieste. Et aujourd'hui, ça fait cinq ans que je suis avec la Turquie. J'aime travailler sur la durée. Si Dieu le veut, j'espère diriger encore cette équipe au prochain Euro pour essayer de qualifier la Turquie pour ses premiers jeux Olympiques."

Ca fera alors quarante ans tout rond, que Tanjevic, qui va également officier comme manageur du club de Rome la saison prochaine, criera ses consignes en pantalon de survêtement depuis son banc de touche.

Celui que le Premier ministre truc Recep Tayyip Erdogan appelle le "Maestro" se projette déjà dans l'avenir, pense au futur du basket turc qui "va dans la bonne direction", ravi que les bons résultats de son équipe y contribuent.

Lui va continuer son combat personnel, sans regrets. "L'origine de ma maladie, c'est le stress. Mais j'ai vécu toute ma vie dans le stress! Qu'est-ce que c'est que le basket, sinon le plus beau des stress?", a confié l'ancien entraîneur de Limoges et de l'Asvel, francophile déclaré, dimanche dernier au journal L'Equipe, passionné, jusqu'au bout.

AFP

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