Le petit monde de Jojo en deuil

André Geerts est décédé ce lundi 26 juillet en soirée. Dupuis

André Geerts, l’adorable papa de Jojo, est décédé lundi soir à seulement 54 ans des suites d’une maladie foudroyante. Le monde de la BD est en deuil.

Le monde de la BD est en deuil. C’est un énorme coup de massue qui s’est abattu sur la tête de tous les bédéphiles ce mardi matin : André Geerts, le dessinateur de « Jojo », mais aussi de « Mademoiselle Louise, est décédé à l’âge de 54 ans des suites d’une maladie foudroyante détectée il y a seulement quelques mois.

Né à Bruxelles en 1955, André Geerts était sorti, comme beaucoup d’autres auteurs de sa génération, de l’Institut Saint-Luc. Il avait publié sa première planche en 1974 dans « Le Soir-Jeunesse ». Alors qu’il envisageait une carrière dans le dessin de presse, c’est finalement la bande dessinée qui allait lui tendre les bras.

D’abord le journal Spirou, pour lequel il signa plusieurs rurbriques et histoires complètes compilées «en 1996 dans deux volumes intitulés « Bonjour, monde cruel » et « Bonsoir, monde cruel », qui lui avaient valu le Grand Prix de la ville de Durbuy en 1997. C’est toutefois « Jojo », petit garnement à sa salopette rouge, éternellement recouvert d’un béret vert, qui allait le révéler au grand public.

En dix-sept albums, il allait conquérir le cœur des lecteurs à coup d’histoires pleines de cette tendresse et de cette poésie qui l’habitaient. A travers elles, il n’hésitait jamais à aborder des sujets difficiles, comme la différence ou le divorce. Essentiellement à destination des plus petits, mais sans jamais exclure les adultes : « La BD pour enfants a un avantage, nous confiait-il encore voici un peu plus d’un an, elle n’exclut personne. Elle peut être lue par les adultes, ce qui n’est pas vrai dans l’autre sens. »

Avec Sergio Salma, son comparse de toujours, le dessinateur bruxellois avait aussi créé, en 1994, le personnage de « Mademoiselle Louise », une petite fille riche surprotégée par son père qui lui vaudra, en 1994, de recevoir le prix œcuménique de la BD à Angoulême. Malgré sa maladie, André Geerts a mis un point d’honneur à terminer un dernier album de « Jojo », qui sortira le 1er octobre. Seules les deux dernières planches ont été dessinées par Mauricet et Renaud Collin en raison de son état de santé.

Clin d’œil du destin : « Mamy Blues » évoquera la maladie à travers le sort de Mamy, dont l’état de santé n’aura de cesse d’inquiéter Jojo et son plombier de papa. Le scénario, pourtant, avait été écrit par Sergio Salma il y a de cela deux ans, soit bien avant que la maladie d’André Geerts ne soit détectée.

Même si ce dernier en avait longuement discuté avec Dupuis, sa maison d’édition, ces dernières semaines, aucune décision n’est encore prise quant à l’avenir de Jojo : elle devrait tomber rapidement, après des discussions avec Sergio Salma, son coauteur.

André Geerts était marié, mais n’avait pas d’enfants. Jojo, Gros Louis, Violaine, Mademoiselle Louise et les autres avaient depuis longtemps comblé ce manque. Les voilà oprhelins. Et nous avec eux. A son épouse et toute sa famille, nous adressons nos condoléances les plus émues. Ce grand timide, à l’incroyable générosité, nous manquera éternellement. Il nous manque déjà.

Les prix principaux reçus par André Geerts:

  • - 1994 : Prix œcuménique de la BD à Angoulême pour le tome 1 de “Mademoiselle Louise” ;
  • - 1997 : Grand prix de la ville de Durbuy pour “Monde Cruel” ;
  • - 1998 : Crayon d’or de la ville de Bruxelles attribué par la Chambre Belge des Experts en Bandes Dessinées ;
  • - 2003 : Grand prix de la ville de Bruxelles attribué lors du festival de Ganshoren ;
  • - 2007 : Prix des lecteurs jeunesse au festival de Vaison-La-Romaine pour “Jojo vétérinaire”, le 17e album de la série. Le 18e album de Jojo “Mamy Blues” sortira le 1° octobre.