Première rencontre Di Rupo-De Wever

Bart De Wever (N-VA) et Elio Di Rupo (PS) deux hommes que tout oppose. Belga

Les présidents du PS et de la N-VA, les deux formations qui ont remporté les élections législatives dimanche, devaient se rencontrer en toute discrétion, mardi, pour la première fois, alors que le roi poursuivait ses consultations d'après scrutin.

Aucune information ne filtrait sur le contenu de l'entretien que devaient avoir Elio Di Rupo et Bart De Wever. Alors que nombre d'observateurs s'interrogent sur les possibilités d'avancer dans la formation d'un gouvernement qui pourra réformer le pays, la N-VA et le PS tentent d'envoyer des signaux d'apaisement depuis dimanche en dépit de divergences essentielles, par exemple sur le statut de Bruxelles.

PS: "Un compromis est possible"

Au PS, on souligne ne plus entendre ces derniers jours des choses inacceptables comme la scission de la sécurité sociale. On évoque par ailleurs la nécessité de trouver une solution pour BHV et de modifier les structures de l'Etat. "Un compromis est possible, il nécessitera des changements profonds dans notre pays", soulignait encore mardi sur La Première Laurette Onkelinx.

A la N-VA, dont les ambitions autonomistes effrayent au sud du pays, on semble vouloir calmer le jeu. "Je ne vais pas faire exploser la Belgique", tentait de rassurer Bart De Wever dans La Libre Belgique.

L'indépendance de la Flandre "n'est pas un objectif", c'est "la suite d'une évolution, c'est du darwinisme politique", précisait-il, jugeant inéluctable la construction à terme d'une Europe des Régions.

N-VA: "le PS a un programme socio-économique"

Outre les divergences institutionnelles, les points de vue sont également aux antipodes sur le plan socio-économique.

Le président de la N-VA a lu le programme du PS. "J'ai vu les 7 milliards de dépenses qu'ils veulent faire alors que nous voulons réaliser des économies de 22 milliards", a-t-il relevé.

Mais il ne juge pas pour autant impossible le défi à relever. "Je pourrais vous répondre: le PS a un programme socio-économique tellement fantaisiste que c'est impossible de parler avec lui. Mais ce jeu ne mène nulle part", a-t-il précisé.

Laurette Onkelinx a pour sa part relevé que le discours de droite de la N-VA n'est pas différent de celui de l'Open Vld, et pour partie, du CD&V.

Dans la foulée du scrutin, Elio Di Rupo a voulu s'afficher en "leader responsable", certains le voyant accéder au poste de premier ministre, ce qui constituerait une première depuis plus de 30 ans pour un francophone.

D'aucuns y voient un piège, les francophones étant dans cette hypothèse plus enclins à lâcher du lest dans les réformes institutionnelles.

Au PS, on souligne qu'il n'y aura pas de donnant-donnant à cet égard. Bart De Wever n'exclut pas la possibilité pour Elio Di Rupo de devenir premier ministre. Parlant de "confiance", il précise que le président du PS ne devra pas "payer" pour occuper ce poste.

Il ajoute dans la foulée qu'il faut pouvoir "dépasser le stade où on donne des sacs d'argent contre des compétences", qu'"on doit chercher des structures efficaces pour l'Etat".

Et il conclut à propos de son ambition personnelle: "j'irai là où on peut avoir le plus de garanties de résultat quant à un accord".

Discrétion absolue

PS et N-VA semblent prêts pour la discussion. Elio Di Rupo et Bart De Wever, qui se connaissent peu ou prou, tentaient pour la première fois mardi d'installer un "climat de confiance". Rien n'a filtré à propos du contenu de l'entretien. "Discrétion absolue", commentait-on de part et d'autre.

Elio Di Rupo devait également avoir mardi un certain nombre d'autres contacts. A cet égard non plus rien n'a filtré. Bart De Wever n'a pas encore eu de contacts avec d'autres partis. Vainqueurs des élections, PS et N-VA ont la main pour désigner, le cas échéant, les partenaires qu'ils entendent voir s'asseoir à la table des négociations.

Le roi devrait conclure demain mercredi la consultation des présidents de parti. On peut s'attendre ensuite à ce qu'il annonce une initiative, par exemple la désignation d'un informateur.

Un gouvernement pour le 1er septembre?

Dans une interview à Knack, Bart De Wever dit espérer pouvoir conclure les négociations en vue de la formation du gouvernement pour le 1er septembre.

Evoquant pour la première fois une échéance, il n'en fait pas pour autant un "deadline". Lundi, Elio Di Rupo disait vouloir une solution le plus vite possible. Il dit aussi ne pas vouloir répéter les mêmes "stupidités" qu'à Val Duchesse, s'entêter dans "un acharnement thérapeutique sur quelque chose qui était déjà mort depuis trois semaines".

Belga