Elections

Sondage:le cavalier seul de Bart De Wever (N-VA)

Sondage:le cavalier seul de Bart De Wever (N-VA)

Bart De Wever a réussi son pari au-delà de toute espérance. Reporters

La comparaison en termes de pourcentages n’est pas possible avec l’élection fédérale de 2007, puisque la N-VA se présentait en cartel avec le CD &V.

Mais sa progression de 9,8 %, selon notre sondage (*), par rapport au résultat des élections régionales de l’an dernier, en Flandre, est plus que significative. Et l’évolution du nombre de sièges, à la Chambre, est éloquente : un seul élu en 2003 ; sept en 2007 ; et vingt, si les résultats de notre sondage se confirment, en juin prochain.

Son président, Bart De Wever, aura ainsi réussi son pari au-delà de toute espérance : avec vingt-deux députés, et 22,9 % des intentions de votes, le parti nationaliste flamand constituera, sauf renversement de tendances dans les prochaines semaines, le groupe politique le plus important de la prochaine Chambre.

Ce que n’avait jamais pu être la défunte Volksunie, dont il assume une partie de l’héritage.

Pareil résultat ne paraissait guère vraisemblable au moment de la rupture du cartel entre le CD &V et la N-VA à l’été 2008. Mais Bart De Wever a alors révélé sa pleine mesure de tacticien politique. Sa participation à un jeu télévisé extrêmement populaire en Flandre lui a assuré une assise dans le public flamand.

Sa ligne de conduite très ferme sur le plan linguistique lui a permis de sortir ensuite en vainqueur de l’élection régionale de juin 2009, et d’imposer son parti dans la majorité en Flandre.

Le CD &V, maître du jeu, avait à choisir entre l’Open VLD et son ancien partenaire pour former un gouvernement flamand : Kris Peeters n’avait pas vraiment le choix ; il lui aurait été difficile d’écarter un parti à laquelle sa formation avait été unie, qui était par ailleurs sortie victorieuse des urnes.

Depuis lors, même si des tensions sont apparues au Parlement flamand, entre les deux anciens « partis-frères », la N-VA n’a pas dévié de sa ligne. En annonçant que les trois bourgmestres francophones de la périphérie toujours en attente de désignation ne seraient jamais nommés, le ministre N-VA Geert Bourgeois a habilement fait monter la tension, juste avant le début des négociations qui devaient résoudre le problème de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Et Kris Peeters n’a pu que suivre. La N-VA a ainsi puissamment aidé à la chute du gouvernement Leterme. Mais sans en prendre la responsabilité Elle devrait en récolter le bénéfice.

Bruxelles: N-VA, le plus grand parti flamand

Toujours selon notre sondage, l’électorat flamand de Bruxelles-Hal-Vilvorde a un nouveau porte-drapeau : avec 10,2 % des intentions de vote, la N-VA se profile en premier parti flamand dans l’arrondissement électoral le plus agité du pays. Le parti de Bart De Wever en profiterait pour doubler son nombre de députés (2 au lieu de 1) dans cette circonscription.

La progression de la N-VA ferait plusieurs victimes collatérales. Le CD & V, d’abord, avec lequel le parti nationaliste flamand se présentait en cartel, il y a quatre ans. Mais aussi le Vlaams Belang, qui perdrait dans l’aventure le tiers de son électorat.

Un peu comme si les électeurs flamands de Bruxelles-Hal-Vilvorde entendaient voter « utile » pour leur revendication flamingante. Mais les divisions internes du parti d’extrême-droite, que l’ancien commissaire de police de Schaerbeek, Johan Demol, vient de quitter avec fracas pour siéger en indépendant au Parlement bruxellois, ont également précipité, sans doute, cette évolution.

Une même préoccupation « utilitaire » poussait des électeurs flamands à voter francophone en 2007 : 3 % d’entre eux rapatrieraient leur suffrage sur des listes flamandes. Encore, sans doute, au bénéfice de la N-VA.

(*) Sondage effectué par Dedicated Research par téléphone du 29 avril au 3 Mai 2010, auprès de 2000 électeurs belges : 500 en Wallonie, 500 à Bruxelles, 300 dans la circonscription de Hal-Vilvorde et 700 en Flandre.

La sélection des répondants a été réalisée aléatoirement dans les annuaires, dans le respect des quotas sur les principaux critères sociodémographiques (sexe, âge, actifs/non-actifs, etc.), et répartie de façon représentative entre les provinces de chacune des régions.

Il a été tenu compte des personnes qui ne disposent plus que d’un téléphone portable : 15 % des enquêtes sont réalisées via numéros de téléphones portables.

74,1 % des personnes sollicitées ont accepté de répondre.
La marge d’erreur maximale (c’est-à-dire pour des fréquences observées proches de 50 %) est de 4.4 % sur l’échantillon de Wallonie, de 3.5 % sur l’échantillon de Bruxelles-Hal-Vilvorde et de 3.7 % sur l’échantillon de Flandre.