(Belga) Contrairement à une idée répandue, tous les séismes ne contribuent pas à la création des montagnes. A l'inverse, les glissements de terrain qu'ils déclenchent peuvent aboutir à une érosion importante dans certaines zones du globe, relève une étude publiée dimanche.

Ces observations surprenantes ont été recueillies par une équipe internationale de géologues spécialisés dans les risques naturels, lors du séisme de magnitude 7,9 qui a touché la province chinoise du Sichuan (Chine) en mai 2008. Ce séisme est survenu "le long de la bordure est du plateau tibétain, à l'intérieur de la chaîne de montagnes nommée Longmen Shan qui présente une élévation topographique moyenne de 5 km. D'où le paradoxe", explique à l'AFP l'un des auteurs de l'étude, Marcello de Michele, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Constatant que ce séisme très violent avait suscité plus de 56.000 glissements de terrain, les géologues ont tenté d'évaluer par une modélisation informatique le volume de sédiments déplacé par ces glissements de terrain : entre 5 et 15 kilomètres cubes, selon leurs calculs. Parallèlement, l'élévation des sols résultant du séisme, c'est-à-dire le volume gagné par la couche supérieure de l'écorce terrestre qui se "plisse" sous l'effet de la secousse, ne dépasserait pas 1,5 à 4 kilomètres cubes. Même si l'érosion (ruissellement, cours d'eau, etc) n'emportait au fil du temps qu'une "fraction" des débris et sédiments déplacés lors des glissements de terrain, le séisme du Sichuan aboutirait à une réduction significative du volume des montagnes et du relief de la zone, conclut l'étude. (GFR)