COUPE DU MONDE

Ben Arfa, quitte à «passer pour le rabat-joie», conseille à Deschamps de partir

Ben Arfa, quitte à «passer pour le rabat-joie», conseille à Deschamps de partir

Content mais lucide, quitte à passer pour un rabat-joie, Ben Arfa veut du changement chez les Bleus. Reporters / Abaca

Actuellement sans club, le milieu offensif au parcours atypique, notamment chez les Bleus, conseille à Deschamps de partir sur ce succès.

Depuis sa tribune dans les colonnes de France Football, Hatem Ben Arfa jette un pavé dans la mare, pas encore tarie depuis le torrent moscovite qui a baptisé le champion dimanche. Avant de passer à la critique, l’ancien international français félicite les Bleus de leur victoire. «Bien sûr que je suis super-content de la victoire de l’équipe de France. Franchement. Ce succès va faire du bien aux joueurs, qui se sont beaucoup engagés derrière ce projet. Il va aussi faire beaucoup de bien à Didier Deschamps et son staff, qui ont été cohérents et malins jusqu’au bout», commence-t-il, avant d’avouer son inquiétude pour les amoureux du football...

«On ne va pas se le cacher: le style et l’identité ultraréalistes des Français sont assez moches.» Voilà le gros pavé dont on parlait plus haut. «Et je n’ai pas envie que ce style-là devienne désormais la norme dans les centres de formation ou les clubs, puisque l’on a souvent l’habitude d’essayer de copier le nouveau champion du monde», ajoute-t-il en guise d’avertissement.

Au vu du potentiel de l’Équipe de France, Hatem Ben Arfa va jusqu’à parler de gâchis. Certes, plusieurs joueurs ont dit qu’ils se moquaient bien de la manière, tant qu’ils gagnaient des matches. Mais, «pour bien connaître certains Bleus», affirme Ben Arfa, ils ne seraient pas contre une évolution dans le jeu.

C’est pourquoi il conseille à Didier Deschamps de s’en aller par la grande porte: «À sa place, je partirais sur ce coup d’éclat, un peu à l’image de Zizou avec le Real Madrid. Ce serait ensuite à son successeur de profiter du potentiel technique et de ‘libérer’ les talents pour avoir une identité de beau jeu à la française, comme les Brésiliens en ont une. Et pour qu’on ne prenne pas du plaisir que dans les résultats.»

Un éclair de lucidité dans l’allégresse française qu’il se doit de contextualiser dans la relation entre le sélectionneur et le joueur à la fin de carrière bien difficile. Hatem Ben Arfa, aussi remuant dans le vestiaire que sur le terrain, avait promis de se tenir à carreau dans l’espoir d’être repris pour l’Euro 2016. En vain: Deschamps ne lui avait donné qu’une place de réserviste, hors de la liste des 23.