GENERATIONS SOLIDAIRES

VIDEO | L’épicerie beaurinoise de la solidarité

Depuis 2016, une épicerie solidaire beaurinoise permet aux plus démunis de venir chercher de la nourriture gratuitement. Particularité: elle est tenue par des bénévoles en situation de handicap.

Au travers de l’épicerie solidaire située à Beauraing, dans la province de Namur, la section Second souffle (branche de l’ASBL Souffle un peu) mène une double mission. Elle valorise les 24 personnes en situation de handicap de son centre de jour et vient en aide aux personnes dans le besoin.

Grâce à leur propre potager, mais aussi aux invendus de deux supermarchés de la région, les jeunes peuvent remplir les étagères de l’épicerie avec des produits de qualité. L’épicerie joue un rôle fondamental pour bon nombre d’entre eux car leurs handicaps ne leur permettent pas de trouver de travail ou même de rester dans l’enseignement spécialisé, comme l’explique Lesly: «À 18 ans, je me suis retrouvé chez moi à me tourner les pouces. Je suis quasiment resté cinq ans, sans activité, ça laisse des traces.» Depuis la création de la section Second souffle en 2015 et ensuite de l’épicerie, Lesly est devenu un autre homme: «Au début je ne pensais pas tenir deux mois car j’avais un sale caractère, mais je me suis bien calmé.»

UNE LUTTE CONTRE LE GASPILLAGE ALIMENTAIRE

En dehors du potager et des surplus des supermarchés, les bénévoles, en partenariat avec la plateforme Foodwe (gestionnaire de dons alimentaires), glanent dans les champs ou récoltent les invendus à la criée de Malines.

Ils les transforment ensuite en soupe, ou en jus. Ils essaient de minimiser le plus possible le gaspillage des aliments.

Les bénéficiaires de ces produits sont des personnes précarisées, ou des ménages dépendants du CPAS de Beauraing. L’épicerie incarne une action solidaire et citoyenne à laquelle participe Leïla: «Ça aide les personnes. Si on peut leur rendre un peu de dignité en faisant ça, on n’hésite pas.» Pour Anne Detinne, créatrice de l’ASBL Souffle un peu, cette épicerie n’a pas qu’un rôle de magasin: « Les gens ne viennent pas ici seulement parce qu’ils sont précarisés. Ils viennent également pour donner du travail aux jeunes. Ils sont reconnaissants pour tout ce que font les bénévoles, ça, c’est gai.» Elle estime aussi que cette épicerie sert à sensibiliser les gens sur les difficultés que peuvent avoir les personnes en situation de handicap grâce aux liens qui se forment entre les bénévoles et les clients.

Une expérience de vie qui va bien au-delà d’un travail d’éducatrice pour Anne Detinne: «Je n’ai pas l’impression de travailler car l’humain est tellement compliqué, mais enrichissant à la fois.»

LE PORTRAIT d’Anne Detinne

Âge: 44 ans

Fonction: directrice de «Souffle un peu»

À la base éducatrice dans un centre de jour, Anne Detinne rêvait de devenir maman. C’est après avoir pris soin d’un enfant en situation de handicap et avoir eu ses propres enfants qu’elle a décidé de créer «Souffle un peu» pour que les parents puissent souffler dans l’éducation de leurs enfants.

«Ces jeunes issus de l’enseignement spécialisé ne trouvaient pas leur place dans les entreprises de travail adapté. Notre centre est reconnu comme un centre d’activités citoyennes. Ici, ils se sentent utiles et valorisés. Le projet d’épicerie solidaire a déjà fait des émules avec une épicerie du même type. à Yvoir.»