GENERATIONS SOLIDAIRES

VIDEO | Avec Rolling Douche, créer du lien grâce à un mobile-home

Trois fois par semaine, Pascal Biesemans gare la Rolling Douche à Bruxelles. Grâce à ce réseau de bénévoles, les sans-abri peuvent se laver et se raser mais aussi bénéficier d’un soutien moral.

Gare Centrale à Bruxelles un mercredi après-midi. L’endroit est peuplé de gens qui vont et qui viennent au gré des horaires de trains, rien d’étonnant. Cependant, lorsque l’on s’aventure dans une des rues adjacentes, à quelques mètres à peine, on peut y découvrir une autre population qui arpente souvent les gares: les sans-abri.

«Nous avons choisi de nous installer près des gares car il y a une concentration de sans-abri dans ces endroits», confie Pascal Biesemans, directeur opérationnel de Rolling Douche. Grâce à ce véhicule, en plus de la gare centrale, les membres de Rolling Douche peuvent également se rendre à la place Flagey et à la gare du Midi,

L’objectif premier est de permettre aux personnes demandeuses l’accès aux besoins hygiéniques les plus élémentaires. Chacun peut prendre sa douche ou même se raser, voire demander de nouveaux vêtements. Tout le monde est libre de faire comme bon lui semble, comme l’explique Pascal Biesemans: «Certains prennent la totale et d’autres viennent juste pour discuter un coup ou demander de l’aide. » Tous les services sont entièrement gratuits.

Au niveau douche ou rasage, il suffit simplement de s’inscrire sur une liste et d’attendre son tour, dans le respect des autres, souligne Pascal. « Nous leur laissons le temps qu’ils veulent pour prendre leur douche, mais ils ne doivent pas oublier qu’il y a une liste d’attente. » Depuis la création de l’ASBL, à peu près 1 400 douches ont été prises, grâce notamment à l’aide d’Hydrobru (l’intercommunale des eaux bruxelloise), qui donne accès gratuitement à 40 m3 d’eau par an.

BEAUCOUP PLUS QUE DES DOUCHES

Sur l’année 2017, les 25 bénévoles que compte actuellement l’ASBL ont distribué plus de 5 000 vêtements et 250 couvertures (de la seconde main récoltée gratuitement) ainsi que 6 000 boissons (thé, café ou eau). «Je pense que l’on répond à un vrai besoin et que l’on construit quelque chose d’intéressant avec eux. » Par ces mots, Pascal Biesemans insiste sur le lien qui s’est tissé entre les différents bénévoles et les sans-abri. Blanche, bénévole, abonde dans le même sens: « Le plus chouette pour moi, c’est le lien que je crée avec les gens. Si j’arrête ici, je ne l’aurai plus. J’ai l’impression qu’on leur redonne un peu d’humanité. »

Ces relations commencent par une tasse de café, un biscuit ou un dépannage grâce à une paire de chaussettes ou de chaussures. Pour Pascal, quelqu’un qui prend sa douche et revient à chaque fois marque cette bonne entente avec les gens. «Ce serait un mauvais service s’ils ne revenaient pas», rajoute-t-il. Ce lien s’exprime également sous forme de respect mutuel, comme pour Cédric qui fréquente Rolling Douche pour la troisième fois. « Ça fait plaisir d’avoir des gens qui pensent à nous car même dans la rue, il y a de l’hygiène.»

Pascal conclut de la plus belle des manières. «Si c’était à refaire, on referait la même chose car le lien que l’on construit avec les gens, c’est ça le plus important!»

LE PORTRAIT de Pascal Biesemans

Âge: 58 ans

Fonction: directeur opérationnel

Ancien éducateur, il a travaillé pendant presque 20 ans dans un restaurant social bruxellois. Sa vie prend un autre tournant lorsqu’il reçoit son préavis en 2015. Désireux de continuer à aider son prochain, il veut créer son propre emploi pour ne plus dépendre de personne. En 2016, il entend parler de Mobile Douche, à Paris. Après une prise de contact et quelques jours passés sur place, il est convaincu qu’il doit suivre cette voie. Il crée Rolling Douche en mai 2016 et, début 2017, arpente les routes bruxelloises avec son véhicule.