La folie des hauteurs

Joseph Gordon-Levitt s’offre un gros frisson entre les deux tours jumelles du World Trade Center pour un film signé Zemeckis et qui met presque une heure à vraiment… décoller.

Zemeckis revient à la prise de vue réelle. Et prend de la hauteur. Enfin, façon de parler.

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Ce que ça raconte

Août 1974, New York. Suspendu en équilibre entre les deux tours du World Trade Center, quelqu’un est en train de marcher sur un fil. C’est un oiseau? C’est un avion? Non, c’est Philippe Petit! Ce funambule français un peu fou n’en est pas à son coup d’essai: trois ans plus tôt, il se faisait arrêter par la police parisienne pour funambulisme illégal entre les deux tours de la cathédrale de Notre-Dame. Et depuis qu’il a vu les tours jumelles dans un magazine, il n’a eu qu’une idée en tête: les traverser.

En théorie, ça semble impossible. En pratique, ça l’est encore plus: ouvriers et agents de sécurité arpentent jour et nuit les bâtiments. Mais grâce à son amoureuse Annie, ses deux acolytes Jean-Louis et Jeff, et une sacrée dose de culot, Philippe Petit prouvera au monde entier que, comme dit Napoléon, « impossible n’est pas français. »

Ce qu’on en pense

 

 

Autant le dire tout de go: le meilleur, dans The Walk, ce sont les 30 dernières minutes: celles de la traversée. Vertigineuses et impressionnantes, elles justifient totalement l’utilisation de la 3D et feront trembler même ceux qui n’ont pas peur du vide. Avant cela, le film offre un curieux spectacle, mais pas forcément pour les bonnes raisons.

Dès l’introduction, dans laquelle un Joseph Gordon-Levitt flanqué d’une coupe horriblement seventies s’adresse au spectateur d’un ton enjoué, quelque chose sonne faux. Et ce n’est pas seulement dû à l’accent étrange de l’acteur, qui, pour se fondre dans le personnage, parle anglais comme un Français – c’est-à-dire mal.

Ce procédé narratif, mais aussi le ton naïf et l’aventure rocambolesque du film, évoquent un autre doux-dingue célèbre de la filmo de Zemeckis: Forrest Gump. Las, ce qui fonctionnait en 1994 paraît désuet en 2015, et l’aspect «rétro» du film contraste désagréablement avec la modernité de la 3D.

En conclusion, si les efforts de Gordon-Levitt, un des acteurs les plus doués de sa génération, méritent d’être salués, la force du film repose surtout sur ses prouesses techniques. Niveau émotion, on optera plutôt pour Le Funambule, le documentaire de James Marsh sorti en 2008, dans lequel Philippe et ses acolytes racontent ce matin d’août 1974 avec leurs propres mots.

Drame/Biopic de Robert Zemeckis. Avec Joseph Gordon-Levitt, Charlotte Le Bon, Clément Sibony, Ben Kinglsey… Durée: 2h03.

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