EVEREST

Un sommet plus vrai que nature

La tragédie qui coûta la vie à 8 alpinistes sur le Toit du monde en 1996 est désormais un blockbuster en 3D, avec le duo Jake Gyllenhaal-Jason Clarke, que nous avons rencontré à Venise.

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Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, pour les besoins du film, vous avez tourné au pied même de l’Everest. L’envie de monter au sommet pour de vrai ne vous a pas titillé quand même un peu?

JASON CLARKE (J.C.): Bonne question (rires)! Pendant le tournage, je suis monté jusqu’à 7000 mètres d’altitude en hélicoptère, et j’ai ouvert la porte et regardé au-dehors, tout ce vide magnifique et immaculé. J’avoue que j’ai été tenté de leur dire «posez-moi ici», mais en réalité je n’aurais pas tenu dix minutes! Peut-être un jour, qui sait…

JAKE GYLLENHAAL (J.G.): Souvent, l’idée d’une chose est plus séduisante que la réalité. Jon Krakauer (le journaliste dont le livre a inspiré le film, NDLR) disait pareil à propos de l’Everest. D’ailleurs cette expérience était tellement terrifiante que ça lui a laissé un stress post-traumatique. Donc ce n’est pas quelque chose à prendre à la légère – même en tant que fantasme.

Jason, vous incarnez l’alpiniste Rob Hall, et Jake son collègue Scott Fischer. Comment avez-vous préparé votre rôle?

J.C.: J’ai rencontré le frère de Rob, qui m’a demandé tout de go pourquoi je voulais incarner son frère. Je lui ai dit que je sentais que cette histoire valait la peine d’être racontée, et que nous étions les bonnes personnes pour le faire. Il a compris, il m’a d’ailleurs envoyé un très bel email après avoir vu le film.

J.G.: Je suis content de la manière dont Scott est dépeint, c’était important pour moi d’incarner les différentes facettes de cet homme. Scott a enduré tellement qu’il ne sent plus la douleur, il vit sur le fil du rasoir, et j’ai adoré être sur ce fil. On sent qu’il a souvent été près de ses limites, et à un moment il sent qu’il les franchira. Mais il ne sait pas quand, et c’est pour ça qu’il continue à faire et aimer ce qu’il fait. C’est comme les gens qui sautent en parachute, ou à l’élastique.

Ne ressentez-vous pas une responsabilité particulière dans le fait d’incarner des personnes réelles?

J.C.: Si, c’est délicat. Il faut gérer le fait que d’une part, c’est un blockbuster dont un studio possède les droits, et de l’autre que tu travailles au mieux pour être au plus près du rôle. Mais au final, tout le monde, y compris les proches des victimes, doit accepter que c’est un film. Et je pense que Baltasar (NDLR: Kormakur, le réalisateur) a fait un travail extraordinaire.

J.G.: L’alpinisme est un sport assez solitaire, et le fait de faire une superproduction hollywoodienne sur des gens qui recherchent à être loin et seuls est assez ironique! Mais je pense que les proches ont été émus par le fait que des gens qu’ils aiment soient incarnés dans un film. Même si on ne pourra jamais égaler la réalité de leurs souvenirs. Je veux dire, Jason est sacrément bon dans le film, mais quand même (rires)!

J.C.: Merci (rires)!

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