SANTÉ

Les femmes plus touchées au cœur

Les femmes plus touchées au cœur

Les symptômes de l’infarctus sont différents et moins typés chez les femmes qui consultent donc moins vite. Andy Dean – Fotolia

En médecine aussi, les problèmes de cœur sont davantage l’affaire des femmes. Ce sera le thème de la 36e Semaine du cœur.

La Semaine du cœur qui aura lieu du 21 au 27 septembre tord le cou à une idée reçue selon laquelle les maladies cardiovasculaires (infarctus, accidents vasculaires cérébraux) affectent surtout les hommes. La preuve en chiffres: chaque année, 17 000 femmes meurent d’un accident d’origine cardio-vasculaire pour 14 000 hommes. Le cancer du sein, lui, «ne tue que » environ 2 280 femmes par an.

Pourquoi le taux de mortalité lié aux maladies cardiovasculaires est-il plus élevé chez les femmes?

1. Ménopause

Les femmes ménopausées sont moins protégées après la ménopause car les ovaires ne sécrètent plus d’œstrogènes, hormone naturelle qui protège les artères et le cœur. Les femmes ayant une ménopause précoce courent davantage de risques que celles ayant une ménopause naturelle et tardive.

2. Symptômes trompeurs

Une douleur au niveau du thorax qui irradie dans le bras gauche et la mâchoire. On connaît tous les symptômes de l’infarctus, du moins chez l’homme car le ressenti de la femme est bien différent. « Les femmes ressentiront surtout une grande fatigue, des nausées, un essoufflement, une pesanteur gastrique et beaucoup moins l’irradiation dans le bras ou la mâchoire qui se manifeste chez les hommes, explique le Dr Martine Antoine, chef de clinique chirurgie cardiaque à l’hôpital Érasme à Bruxelles. Ce sont des symptômes atypiques,peu de femmes consultent leur médecin traitant si elles se sentent plus fatiguées ou plus oppressées en montant les escaliers.Elles ont aussi tendance à faire passer la santé des autres membres de la famille avant la leur. D’où l’importance de cette campagne de sensibilisation ».

3. Facteurs de risque

Il faut remettre ses symptômes dans le contexte des facteurs de risque et là aussi, il y a des inégalités homme/femme. Hypertension, diabète, surpoids, manque d’activité physique, cholestérol élevé, tabac, stress, antécédents familiaux…

Si les facteurs de risque sont les mêmes pour les deux sexes, certains d’entre eux ont plus de conséquences chez les femmes: le tabac chez les jeunes femmes et le diabète qui multiplie le risque par 3 (au lieu de 2 chez les hommes).

4. Prise en charge tardive

Trop de femmes se font soigner tardivement quand la maladie cardiovasculaire est déjà installée. «Ce qui est d’autant plus regrettable que nos artères sont plus fines, qu’elles se bouchent plus vite et sont plus difficiles à réparer. Faire un infarctus sans s’en rendre compte, cela arrive plus fréquemment chez les femmes que chez les hommes ». En dix ans, le nombre d’interventions sur les artères coronaires a diminué progressivement chez les hommes alors que celles-ci sont de plus en plus fréquentes chez les femmes.

5. Suivi régulier

«Comme elle se rend régulièrement chez son gynécologue, la femme, à partir de 40-45 ans, devrait aussi faire contrôler les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires en faisant contrôler régulièrement par son médecin traitant son taux de cholestérol et de sucre dans le sang ainsi que sa tension et son rythme cardiaque, recommande le Dr Antoine. Sans oublier de veiller à avoir une bonne hygiène de vie: arrêter de fumer, manger sainement, faire de l’exercice (30 minutes de marche par jour) et éviter le stress.

Plus d’un décès sur deux

Selon les dernières statistiques européennes (2012), les maladies cardiovasculaires seraient la cause de 52% des décès chez les femmes (contre 42% chez les hommes) et 10% de celles-ci sont âgées de moins de 65 ans.

L’accident vasculaire cérébral (AVC) constitue également une cause fréquente de mortalité. Dans ce cas-ci aussi, le pronostic des femmes est moins favorable que celui des hommes. La première cause de mortalité est la maladie coronarienne (21%) suivie de l’AVC (15%).

Informationet sensibilisationdans tout le pays

Sous la houlette de La ligue cardiologique qui orchestre cette nouvelle Semaine du cœur, de nombreux hôpitaux du pays organisent des séances d’information et des actions de sensibilisation tout au long de la semaine.

Des stands pour dépister les facteurs de risque (tension, glycémie, cholestérol, rythme cardiaque…), des conseils pour apprendre à manger plus sainement, pour arrêter de fumer, des conférences sur les nouveaux traitements des maladies cardiovasculaires, des activités sportives, de nombreuses conférences données par des spécialistes ainsi que des rencontres avec des femmes qui témoigneront de leur parcours de «malades du cœur ».

Tout le programme de la Semaine du cœur peut être consulté sur le site http ://liguecardiologique.be.

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