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Migrants en Méditerranée: Le Petit Journal dévoile l'envers du décor (vidéos)

De retour sur Canal + depuis lundi, Le Petit Journal s’est glissé dans les coulisses du passage des migrants en Europe. Le business des passeurs, les motivations des familles ou encore l‘incroyable commerce des boutiques turques: rien n’a été laissé de côté.

L’Europe traverse actuellement l’une des plus grandes crises migratoires de son histoire. Au total, ce sont déjà plus de 2 500 réfugiés qui ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’Europe par la Méditérranée. Un périple long de 2000 kilomètres qui débute par une dangereuse traversée depuis Bodrum vers la Grèce.

Martin Weill, un journaliste du Petit Journal de Canal +, a suivi ces migrants afin de dévoiler l'envers du décor de leur périple. Il était à Bodrum la nuit où le petit Aylan a perdu la vie, lui qui suivait une autre famille qui tentait de rejoindre l’île de Kos, en Grèce.

La traversée Bodrum-Kos

C’est donc à Bodrum que les réfugiés entament leur long voyage vers l’Europe. C’est donc là aussi que Martin Weill a entamé son investigation. «Pour beaucoup de migrants, Bodrum est la dernière étape avant la traversée», explique le journaliste. «C’est là que les migrants attendent le feu vert des passeurs pour embarquer sur les bateaux.»

Des familles qui attendent parfois une semaine avant de pouvoir embarquer. «Les passeurs se moquent de nous», raconte l’un d’eux. «Une fois qu’on a payé, ils disent que ça part le lendemain. Puis ils reportent. Certains réfugiés sont là depuis deux semaines! En attendant, on dort dans la rue. Quelques femmes peuvent dormir dans la mosquée.»

Le soir, les passeurs appellent les migrants et leur donnent un point de rendez-vous sur une plage isolée. Le départ, en zodiaque, peut alors avoir lieu.

« Pourquoi on traverse? Parce qu’on est obligé de protéger nos enfants», raconte un migrant. «Il faut que j’aille en Europe pour trouver du travail et avoir une vie meilleure. Là-bas, vous êtes libres», raconte un autre. «En Iran, on n’est pas libre.»

Le business des passeurs

Le journaliste du Petit Journal s’est aussi intéressé de plus près au business des passeurs qui «offrent» la possibilité aux migrants de fuir leur pays. «Les chefs de filière sont turcs, mais ils emploient souvent des hommes de main syriens ou iraniens pour traiter directement avec des réfugiés», explique Martin Weill, qui a pu rencontrer l’un d’eux.

«On demande en moyenne 1200 dollars aux réfugiés», explique-t-il. «Il y a d’autres bâteaux. Pour le gros, c’est 2500 dollars. Pour certains, une place peut même se monnayer 5000 dollars. Et on peut mettre jusqu’à 40 personnes sur un zodiaque.»

Mais le passeur, lui, ne touche qu’une infime partie de la somme récoltée. «Moi, je gagne à peu près 1000 dollars pour chaque bâteau. Le patron turc, lui, se fait entre 40 000 et 50 000 dollars par bateau.»

«Je ne suis pas responsable»

Mais le jeune passeur semble n’avoir aucun remord. «Ce n’est pas de ma responsabilité s’il y a eu autant de morts», assure-t-il. «C’est celle des pays arabes et européens. Leurs chefs d’États n’ont qu’à trouver des solutions pour aider les réfugiés.»

«Je ne me sens absolument pas responsable si certains se noient sur mes bâteaux. Pas le moins du monde», conclut-il.

L’incroyable commerce des boutiques turques

Mais il n’y a pas que les passeurs qui profitent de l’afflux de réfugiés. A Bodrum, «le Saint-Tropez de Turquie», les boutiques de souvenirs vendent désormais… des gilets de sauvetage. «Ils les vendent 21 euros», assure un migrant.

La plupart des commerçants refusent d’être filmés par les médias occidentaux afin de garder leurs affaires secrètes… A voir à partir de 3 minutes 25 dans la vidéo ci-dessous.