Windows 10 : la vérité sur les conditions obscures de la gratuité

Windows 10 : la vérité sur les conditions obscures de la gratuité

La gratuité de Windows 10 est assortie de conditions floues sur lesquelles Microsoft n'est pas spécialement bavard. Microsoft

Une poignée de mots dans les conditions de la gratuité temporaire de Windows 10 change considérablement la donne. Décryptage.

Le rendez-vous est historique. Dès le mercredi 29 juillet 2015, les propriétaires d’une licence officielle Windows 7 ou Windows 8 / 8.1 seront autorisés à télécharger gratuitement la mise à niveau vers Windows 10.

Distribuer gracieusement la nouvelle version de son célèbre système d’exploitation : Microsoft ose une stratégie unique dans son histoire entachée par la mièvre réception réservée à Windows 8, trop orienté sur le tactile.

Histoire de vous forcer la main, la firme de Redmond (USA) impose une limite temporelle. Vous disposez de 12 mois pour franchir le Rubicon, pour remplacer Windows 7 ou Windows 8 / 8.1 par Windows 10. Ensuite, c’est le retour au modèle payant !

Si vous prenez votre décision après le 28 juillet 2016, il sera trop tard pour épargner votre portefeuille. Vous devrez passer à la caisse pour mettre à jour votre OS (Operating System). Coût : 135 €.

Cette limite de douze mois est encore aujourd’hui la source de certaines incompréhensions malgré les efforts didactiques déployés par Microsoft. Prenons un exemple concret pour dissiper le brouillard de la confusion.

Exemple : un monde parfait ?

A mon retour de vacances le 7 août 2015, je me décide ! J’installe la mise à jour à niveau sur mon PC de bureau. Je quitte Windows 8.1 pour Windows 10. Comme mon ancienne licence Windows est légale, l’opération se boucle sans soucis.

Le 29 juillet 2016, à l’expiration de la période de gratuité de douze mois, je continue à bénéficier des services de Windows 10 comme si de rien n’était. Microsoft ne me tombe pas dessus pour réclamer la moindre forme de paiement.

Les mots qui fâchent

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si cette gratuité à condition de se décider dans les douze mois qui suivent l’opération n’était pas assortie d’une condition floue qui change considérablement la donne.

Dans cette phrase piochée sur le site de l’éditeur et constructeur américain, chaque mot compte : « Une fois la mise à jour effectuée, vous disposez de Windows 10 gratuitement sur cet appareil. »

Concrètement, que signifient les trois mots « sur cet appareil » ?

Contrairement aux usages en vigueur jadis, la licence Windows 10 est indiciblement liée à la machine sur laquelle vous prenez la décision d’installer le nouveau système d’exploitation. N’espérez pas dans deux ans la transférer sur votre nouvel ordinateur.

Dans d’autres documents, le colosse US fait référence à « Windows 10 restera gratuit pour toute la durée de vie de la machine ».

La clé de voûte du système : l’association de la licence Windows 10 aux composants de votre ordinateur, des informations d’identification que Microsoft se chargera d’encoder précieusement.

Les conséquences sont majeures pour les personnes qui privilégient les PC assemblés par les magasins d’informatique, au détriment du PC de marque (HP, Acer, Samsung…) systématiquement vendu avec une nouvelle licence Windows.

Exemple : au bout du chemin, l'addition redoutée

Le mercredi 29 juillet 2015, j’installe directement Windows 10 sur mon PC Windows 7 assemblé jadis par un détaillant du quartier. Dans sa base de données en ligne, Microsoft associe les composants majeurs de ma machine à ma licence.

En octobre 2016, je me décide à rajeunir cette machine en conservant le boîtier, le disque dur et l’alimentation et en remplaçant la carte-mère et le processeur central.

Surprise, mauvaise surprise, Microsoft m’informe une fois en ligne avec ma configuration revue et corrigée que ma licence Windows 10 n’est plus valable ! Du point de vue de l’éditeur, je dispose d’une nouvelle machine. Je dois m’acquitter de 135 €.

Funeste association

Cet exemple peut prendre des tournures plus frustrantes encore. Imaginons un PC mis à jour dès le 29 juillet 2015 dont la carte-mère rendrait l’âme le 15 août 2015. Une fois le remplacement effectué, il y a toutes les chances que la machine réparée soit considérée comme nouvelle. Et donc soumise à l'obligation d'acquérir une nouvelle licence contre 135 €...

« Oui, il y a une association claire entre la matériel et la clé Windows 10 », confirme Jean-Benoit Van Bunnen, de Microsoft Belux. « Pour les changements de pièces au sein du PC, je ne connais pas les détails techniques exactes, mais ça devrait être OK pour une modification simple, comme le remplacement de la carte graphique par exemple. »