FAUX BILLET

Guy Verhofstadt très satisfait du nombre de clics de son sketch sur la Grèce

Guy Verhofstadt très satisfait du nombre de clics de son sketch sur la Grèce

Le "Verhofstadt show", mercredi au Parlement européen, fait le buzz. Le député 33, pourtant, n'a pas l'air super intéressé. b

Plusieurs centaines de milliers de clics pour sa "grosse colère" sur Alexis Tsipras. Guy Verhofstadt, le meilleur "youtubeur" du Parlement européen !

 

Ce jeudi, Guy Verhofstadt doit être content.

En effet, la vidéo de son "speech" au Premier ministre grec Alexis Tsipras, prononcé mercredi au Parlement européen, est partout sur les sites des médias et sur les réseaux sociaux, les compteurs annoncent des centaines de milliers de clics.

Visiblement, il y a longtemps que Guy Verhofstadt attendait l’occasion d’en découdre avec une star de l'actualité.

Si ça tombe, il avait reporté ses vacances rien que pour pouvoir lui faire son show. Un peu comme un joueur de tennis de second plan qui fait rarement un match contre un ténor dans un tournoi d'envergure et qui met toute la gomme.

En somme, après Goffin - Wavrinka lundi à Wimbledon, il y avait Verhofstadt - Tsipras mercredi au "European Parliament Challenge", un tournoi richement doté.

Jusqu'il y a peu, Guy Verhofstadt avait un sérieux rival (et néanmoins ami) dans cette belle assemblée. L'ex-figure emblématique de Mai 68, Daniel Cohn-Bendit, certes bedonnant et toujours avec cet air de sortir de table un brin pompette, se lançait de temps à autre dans un plaidoyer flambloyant sur un grand sujet du moment, invitant généralement l'Europe "à cesser de se mentir et d'être hyprocrite" (ça marche à tous les coups).

A présent, Cohn-Bendit n'est plus là et le Parlement européen, en mal de tribuns spectaculaires, n'a plus que "notre" Verhofstadt, chef de file de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, pour rappeler son existence aux millions de contributeurs européens.  

Les grand bras qui s'agitent et la mèche qui surjoue

Les speeches de Verhofstadt, c'est une sorte de "stand-up" bien préparé, qu'il fait sans regarder ses notes en agitant ses grands bras et avec la mèche qui surjoue.

Allez donc voir sur Youtube, toute la "collection Verhofstadt" vous y attend. En 2012, il s'en prend au député eurosceptique anglais Nigel Farage dont il considère le salaire comme un gaspillage. Une autre fois, il compare Sarkozy à Marine Le Pen. Une autre fois encore, il fustige la Grande-Bretagne et ses attitudes ambigües à l'égard de l'Europe. Il y a deux ans, c'est la Hongrie et son "dictateur" Viktor Orban qui en prenaient pour leur grade.

Parfois, il parle un peu dans le vide (l'hémicycle est quasi vide). Parfois il y a des "collègues" autour de lui, qui demeurent certes impassibles (cet inimable style "européen" froid et technocratique), mais lui évitent de donner l'impression de prêcher dans le désert.

A chaque fois, même déroulé : démarrage en douceur presque sympa, une ou deux vannes. Puis le ton monte dans une sorte de crescendo qu'envahit d'une colère débridée mais très contrôlée. Chute sur une formule tranchante, pour arracher les applaudissements. L'ex-Premier ministre belge peut se rassoir, et attendre de voir si sa prestation va "faire du clic".

Mercredi, il a donc tancé avec virulence le jeunot Tsipras qui, très relax, n'avait pas l'air dupe du tout de ce que le "procureur Verhofstadt" faisait sa propre promo à ses dépens. Juste un mauvais moment à passer. 

« Cessez de parler des réformes, faites-les ! », lui hurlait l'orateur, applaudi par son club. « Montrez que vous êtes un vrai leader politique et non un faux prophète ! ». 

Et d'évoquer la nécessaire fin des "privilèges" dont jouissent en Grèce les armateurs, l'église orthodoxe ou les partis politiques (changez "armateurs" par "diamantaires" et "orthodoxe" par "catholique" et vous avez la transposition belgo-belge des soucis grecs).

Depuis 24 heures, donc, la "grosse colère" de Verhofstadt tourne partout sur la toile, entre le décolleté de Sophie Marceau et les chutes du Tour de France. Le voilà tranquille pour six mois !

Au fait, je me demande si Youtube verse des droits d'auteur à Guy Verhofstadt pour le succès de ses vidéos, comme en perçoit cette nouvelle génération d'humoristes, dite "les Youtubeurs", qui ont percé par ce canal.

Notez qu'il n'en a pas spécialement besoin, vu les multiples et copieux revenus qu'il cumule, ce n'est pas vital pour lui de les recevoir.  

Mais si c'est le cas, ça en ferait au moins un à qui la crise grecque rapporte !