SOLIDARITÉ

Exfiltrés d’Alep, 244 chrétiens sont arrivés en Belgique

Exfiltrés d’Alep, 244 chrétiens sont arrivés en Belgique

Reporters

Un effort conjugué de particuliers et du gouvernement a permis de faire venir en Belgique 244 chrétiens, échappés à l’enfer d’Alep.

L’opération est entourée de la plus grande discrétion. «Par mesure de sécurité, pour tous ceux qui sont intervenus, à la fois sur le terrain, et à l’ambassade de Belgique à Beyrouth», explique l’ancien diplomate Mark Geleyn. Elle a démarré en mai, et a été coordonnée par le cabinet du secrétaire d’État N-VA à l’Asile, et la Migration Theo Francken, en collaboration avec celui du ministre MR des Affaires étrangères. Et elle s’est achevée le week-end passé, avec l’arrivée en Belgique des derniers des 244 chrétiens exfiltrés d’Alep, en Syrie.

Une démarche humanitaire

La démarche était humanitaire, pas confessionnelle, insistent Mark Geleyn et le professeur Pieter Adriaenssens, de la KUL, l’université flamande de Louvain. Les deux hommes sont porte-parole d’un groupe, dont ils ne disent pas grand-chose, si ce n’est qu’il rassemble «des Flamands et des francophones, de conviction et d’obédience diverses», et que «l’Église de Belgique n’y a pas été associée».

Si cette opération a ciblé des chrétiens de Syrie, c’est «parce que cette minorité, du fait de sa croyance, est visée par les rebelles radicaux islamistes et terroristes», insistent Théo Francken et Didier Reynders. S’ils tombent aux mains «de l’État prétendument islamique», c’est la mort ou l’esclavage qui les attend.

Leur périple a été chargé d’embûches, d’Alep à la frontière libanaise. De là, ils ont été acheminés à l’ambassade de Belgique à Beyrouth, qui leur a délivré des visas, une fois leur dossier vérifié par la Sûreté de l’État.

«Ils ont payé eux-mêmes leur voyage vers la Belgique, insiste Theo Francken. Et ils ne seront pas à charge de la Sécurité sociale. Car ils veulent travailler, et rendre à notre pays ce qu’ils vont en recevoir».

«Nous avons privilégié des jeunes, qui sont venus avec leurs parents, et parfois leurs grands-parents, afin de leur permettre de retourner à l’école, ou de fréquenter l’université, pour aider leur pays à se redresser quand ils rentreront en Syrie», complète Peter Adriaenssens.

Pour l’heure, ces familles sont dans des centres d’asile, en attendant de recevoir ou non le statut de réfugiés. La décision ne fait guère de doute (cf. ci-dessous). Ensuite, commencera pour eux le parcours d’intégration, obligatoire en Flandre, facultatif en Wallonie.

«Dans une lettre de remerciement à Theo Francken, ils disent qu’ils ont revu la lumière», se réjouit Mark Geleyn. Les faire échapper à l’enfer n’est peut-être qu’une goutte d’eau dans l’océan, «mais cela montre qu’on peut faire plus que voter des résolutions», conclut Didier Reynders.