TRANSPORTS

Ce jeudi, manif contre la taxe kilométrique

Ce jeudi, manif contre la taxe kilométrique

Les routiers vont manifester dans le centre de Bruxelles, ce jeudi: embouteillages à prévoir. BELGAIMAGE

Les chauffeurs routiers manifestent ce matin à Bruxelles contre la taxe kilométrique. Ils ne sont pas seuls à dénoncer la mesure.

Tandis que les canons s’échauffent à Waterloo, les boulets sifflent déjà aux oreilles du gouvernement wallon. Les camionneurs manifestent, ce jeudi, à Bruxelles, contre la taxe kilométrique pour les poids lourds, à l’appel de l’Union professionnelle du transport et de la logistique (UPTR) et des deux autres fédérations du transport. Mais les critiques contre cette nouvelle taxation fusent de toutes parts.

L’Union wallonne des entreprises (UWE) a ouvert le feu ce mercredi, en rappelant que cette taxation aura des répercussions négatives sur la rentabilité du secteur, l’emploi ainsi que sur les prix à la consommation (+0,5% en moyenne déjà annoncé dans le secteur de la grande distribution).

Tout en rappelant qu’elle n’est pas opposée au principe d’une telle taxe, l’UWE estime que, telle que l’a décidé le gouvernement wallon, elle ne rencontre pas les critères d’une «fiscalité juste, intelligente, équilibrée et ne pénalisant pas le tissu économique régional vis-à-vis de ses voisins».

Autrement dit, l’UWE ne voit pas venir les compensations qu’elle espérait. Or, note l’Union, une étude socio-économique de l’UCL démontre que la taxe aura des «impacts significatifs sur plusieurs secteurs étudiés (industrie extractive, produits agricoles non transformés, collecte et transformation du lait, sidérurgie, commerce et distribution de carburant, recyclage des déchets de construction et de démolition, transport pour compte de tiers)».

Et ces impacts, souligne l’UWE, pèseront négativement sur «leur compétitivité avec des pertes de parts de marchés et des pertes d’emplois à la clé».

«Taxez aussi les voitures!»

Ce mercredi, le secteur de la grande distribution a aussi rappelé tout le mal qu’il pense de cette taxe dont le consommateur paiera l’addition finale.

«Nous appelons les trois Régions à revoir leur copie avant qu’il ne soit trop tard. Ne taxez pas uniquement les camions: les véhicules particuliers ont aussi leur part de responsabilité dans les embouteillages», dit Comeos, le représentant du secteur. Qui plaide pour une modification de la tarification annoncée afin de plutôt encourager les chauffeurs à rouler en dehors des heures de pointe.

Une taxation variable en fonction du lieu et de l’heure du déplacement pénaliserait ainsi bien moins le secteur du transport routier tout déplaçant un tiers de ses déplacements en dehors des heures de pointe, estime Dominique Michel, le patron de Comeos.

Ces revendications ne sont pas neuves et n’ont pas empêché les gouvernements wallon, flamand, et bruxellois d’entériner cette mesure qui prendra effet en janvier 2016.

Ce jeudi, dès 11 heures, dans les rues de Bruxelles, les chauffeurs routiers les répéteront pourtant encore. Au son des klaxons de leurs poids lourds, pendant que les représentants des fédérations de transport rencontreront les différents ministres régionaux concernés. Avec l’objectif de leur faire enclencher la marche arrière sur cette taxe au kilomètre.

Pour rallier la capitale aujourd’hui, le train sera peut-être une alternative intéressante…