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Passés recomposés de Michel Lambert

«Quand nous reverrons-nous?» Une question souvent posée. Dans son nouveau recueil de nouvelles Michel Lambert évoque des rencontres passées.

«Il n’y a pas de second acte dans la vie». L’écrivain belge (Prix Rossel 1988) Michel Lambert aime particulièrement cette phrase de Scott Fitzgerald. Elle sous-tend chacune des neuf nouvelles qui constituent son dernier recueil Quand nous reverrons-nous?«On aimerait souvent revisiter son passé, réinventer les choses pour que ce passé soit différent. Mais c’est impossible. Si ce n’est que malgré tout ce passé a toujours quelque chose de poignant et de réjouissant à la fois car ça a été vécu.»

Les héros de ces neuf nouvelles sont pratiquement tous des hommes qui se penchent sur leur passé. «D’une manière générale, je pense qu’il est difficile de changer de sexe pour un écrivain. Je n’en suis pas capable. Je pense d’ailleurs que ça se fait moins souvent. Peut-être parce qu’il y a plus de femmes écrivains. Je préfère mettre en scène des femmes dans le regard d’un homme.»

Les hommes de Michel Lambert sont aussi souvent des écorchés de la vie. A un moment quelque chose s’est mal passé… «C’est vrai que la crise, les peurs diffuses du monde qui nous environne m’ont aussi influencé. Un écrivain est toujours le témoin de ce qui se passe autour de lui. De plus comme l’affirme David Lynch lorsqu’il peint, quand on plonge dans le noir et qu’on s’y habitue, on découvre des choses qu’on ne voyait pas auparavant. Mais je ne trouve pas mes histoires si noires que ça. Ce n’est pas voulu en tout cas. Quand j’écris, je me laisse partir à l’aventure. J’aime que mes personnages me surprennent. Le plus souvent je pars d’un détail qui m’a frappé dans ma propre vie pour construire mon histoire

Depuis quelques années, Michel Lambert privilégie la nouvelle plutôt que le roman. «Je me documente actuellement pour un futur roman même si j’écris un nouveau recueil de nouvelles. J’aime ces histoires courtes où il faut toujours trouver l’équilibre entre un personnage qui a sa propre vie et une écriture qui doit être très contrôlée. Et puis la nouvelle implique le lecteur. Tout n’est pas dit. Il n’est pas important de comprendre tout dans une nouvelle. Celui qui lit doit continuer à faire le travail. Il devient alors un écrivain passif. L’auteur, dans la nouvelle, fait sentir les choses d’une manière diffuse. Roger Grenier affirme que “ l’écrivain ment tout le temps mais qu’il ne triche jamais. ” Et c’est vrai parce que l’émotion, elle, est authentique. C’est cette émotion que j’espère faire passer dans les neuf histoires de ce recueil.»

Michel Lambert, «Quand nous reverrons-nous?», Pierre-Guillaume de Roux, 192 p.