Bientôt une bio, « pour clarifier les choses »

On sait peu de chose sur Franquin. Ce qui n’empêche pas beaucoup de choses d’avoir été écrites sur lui.

S’il est considéré, par beaucoup, comme le plus grand aux côtés d’Hergé, on sait beaucoup moins de choses au sujet d’un André Franquin qui, ce n’est pas une légende, n’aimait pas tirer la couverture pour lui seul.

Il fut par exemple l’un des premiers dessinateurs à militer pour une plus juste rétribution des scénaristes, à une époque où le travail de ceux-ci était fort peu considéré.

On sait donc peu de chose sur Franquin. Ce qui n’empêche pas beaucoup de choses d’avoir été écrites sur lui. Pour pas mal d’approximations, qu’entend rectifier Isabelle Franquin dans une biographie, la toute première donc, que signeront Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, les biographes quasi officiels des éditions Dupuis, qui ont déjà «commis» des ouvrages sur Delporte ou, plus récemment, Cauvin. «Mon père était très modeste et je sais qu’il n’aurait jamais voulu que l’on écrive une biographie de lui, assure sa fille. Et quelque part, je me sens moche d’accepter aujourd’hui. Mais je ne peux plus laisser d’autres écrire l’histoire de mon père. Ne fût-ce que parce que beaucoup de contre-vérités circulent à son sujet. On a par exemple l’habitude d’en faire un dépressif chronique. Ce sont des poncifs qui appauvrissent son image. À un moment, il faut sortir de ça.»

Il faut dire qu’Isabelle Franquin conserve un souvenir bien différent de son père. «Il avait ses moments de doute, mais c’était d’abord quelqu’un de très drôle; c’était, avec son ami Tibet, la personne la plus drôle que j’ai jamais connue. Il était par ailleurs capable de colères terribles, mais très éphémères, et pour pas grand-chose: quand Modeste se met en rage parce qu’il n’arrive pas à ouvrir un pot de confiture, par exemple, c’est mon père que je retrouve. »