Amours adolescentes, longs discours et cigarettes: impossible de ne pas penser à Truffaut devant la bande de Trois souvenirsde ma jeunesse.

Référence absolue, le réalisateur de Baisers Volés est aussi parfois un frein pour Desplechin: «Antoine Doinel, c’est mythique, ça m’aurait encombré de le revoir avant de tourner ce film. Quand j’écris, je pense aux films qui m’entourent, et ça me déprime, je me dis qu’on ne peut pas faire mieux. Bergman racontait que devant les films de Dreyer, il se disait: ‘ce que je fais c’est de la merde!’ Moi aussi, ça m’est arrivé, par exemple avec Woody Allen, quand je n’aimais pas, je disais ‘Bon, c’est pas Bergman non plus‘! C’est récurrent, de dire que c’était mieux avant. Mais il faut que ce soit une dynamique, pas une déploration. Car si je ne vois pas de bons nouveaux films, je n’arrive plus à écrire non plus. J’ai besoin de me nourrir de ça.»