Grève nationale du 15 décembre: le film de la journée

C'était le jour J pour la grève nationale. Transports, espace aérien, services publics, entreprises,...: le pays tournait au ralenti ce lundi. Retour sur les principaux points de perturbations.

Retour sur la situation dans le Brabant wallon

+ Retour sur la situation à Bruxelles

+ Retour sur la situation en province de Hainaut

+ Retour sur la situation en province de Liège

+ Retour sur la situation en province de Luxembourg

+ Retour sur la situation en province de Namur


+ TELECHARGEZ VOTRE JOURNAL ICI

Lancée lors de la manifestation nationale du 6 novembre, la grogne syndicale contre les mesures d'austérité prévues dans l'accord de gouvernement fédéral atteint son sommet ce lundi. La mobilisation s'annonce plus importante que lors des grèves tournantes qui ont touché le pays chaque lundi depuis le 24 novembre. La grève de 24 heures a débuté dimanche à 22h.

En cours de matinée, Marie-Hélène Ska (CSC) s'est d'ores et déjà félicitée de la mobilisation: "Il n’y a jamais eu de grève aussi forte" (Plus d'infos). Marc Goblet (FGTB) a quant à lui rappelé que d'autres actions n'étaient pas à exclure dans un avenir proche: "Si on doit vérifier qu’on est toujours dans la même logique d’autisme que celle qu’on connaît aujourd’hui de la part du gouvernement et des patrons, alors nous n’aurons pas d’autre alternative que de devoir redéfinir un plan d’actions à partir de janvier" (Plus d'infos).

La FEB a quant à elle estimé que "la grève a eu lieu principalement dans les services publics" (Plus d'infos).

La grève de ce lundi s'est accompagnée de quelques dérapages locaux (voir ci-dessous). A Bruxelles, le siège de la N-VA a été pris pour cible. Vers 13h, un lancer de 700 oeufs était programmé sur la façade de l'immeuble situé rue Royale mais la police s'est interposée. Le calme est revenu au bout d'une grosse demi-heure (Plus d'infos).

A Warneton, l’entreprise de frites surgelées de Jan Clarebout travaille à plein régime ! Des grévistes ont décidé de lui rendre une petite visite. En cause : le manque de fibre syndicale de l’entreprise, d’autant que le patron aurait proposé certains avantages pour ceux qui ne font pas grève. (Plus d'infos)

Le président de la CSC, Marc Leemans, a dit espérer un «signal clair du gouvernement pour la nouvelle année», durant sa visite de différents piquets de grève. «Nous prendrons maintenant quelques semaines afin d’évaluer la situation: que ce soit l’impact de nos actions, mais aussi les ajustements du gouvernement, dans l’espoir qu’il y en ait, a indiqué Marc Leemans. (Plus d'infos)

Chacun, tant chez les partenaires sociaux que dans les rangs ministériels, doit assumer ses responsabilités et accepter de s’asseoir autour de la table de la concertation sociale, a-t-on souligné lundi dans l’entourage du premier ministre, Charles Michel. Depuis lundi matin, le premier ministre suit la situation de très près, que ce soit du point de vue de la mobilisation ou de celui de la sécurité. Il entretient un contact permanent avec les forces de l’ordre pour assurer qu’aucun débordement ne se produise. (Plus d'infos)

L’ULg ne compte pas porter plainte, mais n’exclut pas que certains membres du personnel présents sur les lieux le fassent. Des incidents ont eu lieu sur le campus de l’université de Liège au Sart-Tilman, en marge de la grève nationale. Une trentaine de grévistes auraient pénétré dans le bâtiment de sciences appliquées et provoqué quelques dégâts matériels. (Plus d'infos)

L’organisation patronale flamande Voka estime les conséquences économiques des trois grèves tournantes et de la grève nationale lundi à hauteur de 600 millions d’euros. «Ce résultat est disproportionné par rapport au nombre de grévistes», indique l’administrateur délégué Jo Libeer dans un communiqué. (Plus d'infos)

 

 

 

Voici le point sur les principales perturbations de ce lundi.

Transports

 

Rail à l'arrêt

 

Aucun train ne circule sur le réseau de la SNCB, a indiqué, à 5h15, Thierry Ney, porte-parole de la SNCB. L'entreprise ferroviaire redoute que la situation reste la même durant toute la journée de lundi. Par ailleurs, Thalys ne prévoit aucun train ce lundi et Eurostar indique de son côté qu’il n’assurera aucune correspondance entre Lille et Bruxelles.

Les répercussions sur le trafic ferroviaire pourrait être prolongée ce mardi suite à un incendie: le feu a en effet été bouté ce lundi matin à un ensemble de câbles de signalisation à proximité de la gare de Bruxelles-Midi. La CGSP Cheminots a dénoncé un "incendie volontaire" (Plus d'infos).

Barrages sur les routes mais pas de bouchons

D'importants embarras de circulation étaient attendus ce matin sur les grands axes routiers du pays. Certains barrages, parfois filtrants, se sont mis en place dès l'aube. L'accès à Bruxelles a ainsi été coupé. S'il n'y a pas de barrage à Delta cette fois, on en constate rue de la Loi et au carrefour avec Schuman. Une opération escargot a par ailleurs été organisée sur l'E411 entre Habay et Sterpenich (Plus d'infos). Et la sortie 34 Hauts-Sarts était fermée. Mais tout cela n'engendre que peu de perturbations. A 7h30, notre module d'info-trafic ne recensait ainsi que 5 kilomètres de bouchons cumulés. Idem à 8h30, en pleine heure de pointe! Preuve sans doute que les travailleurs sont restés chez eux.

+ LIRE AUSSI | Dans un barrage avec la police à la grève nationale: «T’as vu comment on fait pour bloquer une voiture?»

TEC, Stib et De Lijn à l'arrêt

La circulation des TEC est pratiquement à l'arrête partout, "à l'exception de Namur-Luxembourg, où quelques services sont encore assurés", a fait savoir la porte-parole de la société de transports en commun, Alice Thonnart (Plus d'infos). Aucun bus n'est ainsi sorti des dépôts du TEC Liège-Verviers, y compris ceux qui dépendent d'entreprises privées. Des piquets de grève ont également pris place devant tous les dépôts des TEC carolos, et il ne circule ni bus ni métro dans la région (Plus d'infos). Outre les trains et les bus, aucune péniche ne circule non plus sur l'Escaut à Tournai. En Flandre, aucun bus et aucun tram ne roulait vers 5h30. Idem sur le réseau de transports en commun bruxellois.

+ LIRE AUSSI | Les transports en commun bloqués, quels usagers seront indemnisés?

Espace aérien fermé

L'espace aérien belge est fermé depuis dimanche soir pour une durée de 24 heures. Tous les vols à Brussels Airport sont annulés depuis 21h40. Au total, environ 600 vols sont concernés. Brussels Airport demande aux passagers de ne pas se rendre à l'aéroport de Zaventem. Tous les vols prévus ce lundi ont été annulés. L'accès à Brucargo n'est en outre pas possible. Brussels Airlines chiffre le coût de la grève à 5 millions d'euros.

Une poignée de piquets sont également disposés aux abords de l'aéroport de Charleroi mais les voyageurs, avertis de la grève d'Eurocontrol et de la suppression des vols, ne tentent pas de se présenter, contrairement à ce qui s'était produit lors de la grève en province de Hainaut le 24 novembre. Une trentaine de voyageurs ont tout de même fait le déplacement (Plus d'infos). Notons que l'aéroport de Liège est lui aussi à l'arrêt.

+ LIRE AUSSI | Jetairfly et Thomas Cook dévient leurs vols vers l'étranger 

Industrie et commerces

Comme lors des grèves tournantes, des piquets de grèves sont organisés à l'entrée des zonings industriels. C'est notamment le cas depuis 4h à Eupen, Petit-Rechain et aux Plenesse à Thimister-Clermont (Plus d'infos). A Liège, les premiers piquets ont été installés à la gare de Liège-Guillemins dès dimanche soir.

Mais c'est ce lundi dès 4h30 que la mobilisation syndicale s'est mise véritablement en route. Des blocages ont été installés aux entrées des principaux zonings liégeois: Grâce-Hollogne, les Hauts-Sarts à Herstal, Villers-le-Bouillet et le parc scientifique du Sart-Tilman (Plus d'infos). Blocage aussi à Waremme (Plus d'infos).

+ LIRE AUSSI | Grève en région verviétoise: zonings bloqués, commerces touchés, automobilistes épargnés!

Trois blessés à Charleroi

Du côté des zonings industriels et des grandes entreprises près de Charleroi, des piquets avec brasero sont également installés, notamment au carrefour de Caterpillar, à Gosselies (Plus d'infos). En Wallonie picarde, de Comines à Ath, en passant par Tournai et Mouscron, le mouvement de grève semble être un succès malgré quelques incidents. Des grévistes auraient été menacés par un homme armé d'un couteau près du zoning de la Martinoire. Charles Vandecasteele (FGTB) note une agressivité "plus importante que lors de l'action du 24 novembre" chez les patrons. Un incident aurait ainsi éclaté entre grévistes et un patron qui voulait forcer un barrage sur le quai Casterman à Tournai. A Gerpinnes, une altercation entre des grévistes et un automobiliste a fait trois blessés. Ce problème mis à part, le front commun syndical considère que la grève nationale a été «une réussite exceptionnelle» dans la région de Charleroi (Plus d'infos).

+ LIRE AUSSI | Des enseignants grévistes très actifs: 350€ collecté pour une oeuvre sociale (Vidéo)

Le blocage est complet en Brabant wallon où les parcs d'activités économiques de Nivelles Nord, de Nivelles Sud, de Wauthier-Braine, de Wavre et de Saintes (Tubize) sont à l'arrêt. Les syndicats ont pris position au rond-point de Corroy-le-Grand, c'est-à-dire au carrefour de la Nationale 4 et de la N25, où ils ont établi un barrage bloquant qui empêche l'accès au zoning de Louvain-la-Neuve (Plus d'infos).  A Nivelles, une empoignade a eu lieu sur un barrage bloquant, à hauteur d'un des rond-points du contournement Sud de la ville. Deux policiers ont dû intervenir pour séparer un homme souhaitant se rendre à son travail et des grévistes intransigeants (Plus d'infos).

En province de Namur, les perturbations routières liées à la grève nationale se concentrent au niveau des ronds-points se trouvant à proximité des zonings. Un barrage à hauteur du zoning de Rhisnes ainsi que des piquets de grève sur la nationale 4 au rond-point Quinaux à Naninne et sur la nationale 90 au rond-point des Ours à Andenne bloquent l'accès dans les deux sens de circulation (Plus d'infos). Des clous ont par ailleurs été jeté sur une route près de la N4 à l'entrée de Gembloux mais ce ne serait pas lié à la grève (Plus d'infos). De son côté, Dinant prend des airs de ville fantôme (Plus d'infos).

+ Reportage à Namur:

En province Luxembourg, des barrages uniquement filtrants ont été installés au rond-point de la Pirire de Marche-en-Famenne et sur la N63, devant la prison (Plus d'infos). Dans Arlon, la traversée de la ville se fait encore assez facilement. Le zoning de Ferrero n'est pas bloqué, contrairement au bâtiment d'Ores situé Avenue Patton (Plus d'infos).

Les services publics sont aussi impactés. En région verviétoise par exemple, des piquets volants sont partis des différents zonings à 7h00 en car pour procéder à la fermeture d'administrations, d'écoles et d'entreprises. Les hôpitaux sont aussi concernés par les piquets de grève. En Brabant wallon, le service minimum est de mise (Plus d'infos). C'est aussi le cas en région liégeoise notamment. A Estaimpuis par contre, tout le monde est au poste (Plus d'infos)! A Mouscron, l'accès à l'administration communale est bloqué. Celui à celle de Verviers connaît le même sort.

Le secteur de la grande distribution sera aussi une des cibles principales. A Liège, la Médiacité, Belle-Ile, Cora et les galeries Saint-Lambert sont portes closes, tout comme le Makro d'Alleur, Ikea à Hognoul, quelques enseignes Colruyt ainsi que la plupart des Delhaize, Carrefour, Lidl et Aldi.

 

 

A en croire la fédération du commerce et des services (Comeos), le secteur du commerce serait toutefois peu concerné par cette grève (Plus d'infos).

Dans la capitale, les différents accès au Shopping de Woluwe sont bloqués. On note des piquets de grève au Delhaize de la rue Osseghem, au dépôt de la Stib rue d'Enghien, au carrefour Basilix, ou encore au Delhaize de la chaussée de Ninove. Un piquet est aussi signalé à la banque nationale, à Bruxelles-propreté et devant Total rue de l'Industrie.

Les gardiens de la prison, à Lantin par exemple, participent également à la grève. De même que ceux de l'établissement de défense sociale de Paifve. A Leuze, les policiers ont refusé de remplacer les gardiens de prison. Ce sont deux aspirants de l'académie de police de Jurbise qui sont ainsi chargés de la surveillance des détenus, confinés dans leur cellule. A la prison de Tournai, trente-cinq policiers de la zone de police ont été réquisitionnés pour la surveillance des détenus.

A Tihange, un feu de la colère a été allumé en face de la centrale nucléaire (Plus d'infos).

Plus de 7 bureaux de poste sur 10 ouverts

73% des bureaux de poste sont tout de même ouverts sur l'ensemble du territoire. Plus de 90% des bureaux ont ouvert leurs portes à Anvers, dans le Limbourg ainsi qu'en Flandre orientale et occidentale contre moins de 60% dans les provinces du Hainaut, de Namur, Liège et Luxembourg. A Bruxelles et dans les deux Brabants, 69% des bureaux de poste sont également accessibles (Plus d'infos).

+ LIRE AUSSI | La culture aussi manifeste: «C’est pas en fermant des musées qu’on créera de la richesse»

En Flandre

Le mouvement est également important au nord du pays. En province de Flandre occidentale, les grévistes seraient deux fois plus nombreux à participer au mouvement par rapport à la grève tournante, selon les syndicats locaux de l'ABVV (FGTB) et de l'ACV (CSC). La ville de Gand est paralysée par 17 piquets de grève. Le port est entièrement fermé à la circulation. Au port d'Anvers, les trois principaux syndicats portuaires ont installé deux piquets de grève. Les activités du port de Zeebruges sont perturbées depuis dimanche. De nombreux zonings industriels du Brabant flamand sont également bloqués par des piquets de grève. Entre 400 et 500 piquets de grève auraient été installés en Flandre orientale, selon les syndicats ACV et ACLVB qui ne disposent toutefois pas encore de chiffres détaillés. La plupart des zonings industriels sont fermés (Plus d'infos).