BELGIQUE

Inspection : des dizaines de busés désabusés

Inspection : des dizaines de busés désabusés

(illustration) EdA

Suite aux examens pour obtenir le brevet d’inspecteur, c’est l’hécatombe du côté des inspecteurs déjà en fonction. Des recours sont attendus.

Vent de révolte dans le monde de l’enseignement! Le week-end des 11 et 12 mai, environ 650 candidats se sont présentés aux examens du Selor en vue d’obtenir le titre pour devenir inspecteur. Sur le banc des «élèves», on retrouvait un amalgame de professeurs qui souhaitaient obtenir le brevet mais aussi plusieurs dizaines d’inspecteurs en fonction qui exercent, souvent depuis plusieurs années, sans disposer du titre requis.

Cette semaine, les résultats sont tombés. Et c’est l’hécatombe! Le cadre actuel nécessite environ 185 postes et ils seraient 250 en mesure de devenir inspecteur. Hécatombe? Surtout du côté des inspecteurs faisant fonction. Ils seraient à peine une poignée à avoir réussi l’examen. Même si, dans l’ensemble, le taux de réussite -38 %- est qualifié « d’habituel» par Pascal Chardome, président de la CGSP Enseignement. «Mais on constate qu’un grand nombre d’inspecteurs en fonction a échoué. On me dit que le test n’était pas adapté à la fonction. On va avoir un gros bouleversement dans le secteur.»

Chaise musicale

La majorité de ces inspecteurs, dont le travail était jugé positif, va donc se retrouver sur le carreau. Retour sur les bancs d’école et à leur fonction de professeur, d’instituteur, de directeur qu’ils exerçaient auparavant. Et du côté de l’inspection, toute une série de néo-inspecteurs va intégrer la fonction, sans aucune expérience, mais après un stage de deux ans. Le secteur va être complètement perturbé avec ces anciens inspecteurs qui vont être rapatriés et qui vont éjecter des professeurs en place.

Du côté de la CGSP, les appels sont incessants. Et la plupart des inspecteurs recalés n’ont qu’un mot à la bouche : recours! Le syndicat est assez mal placé et doit jouer l’équilibriste. D’une part il y a quand même des affiliés qui ont réussi l’examen et de l’autre, il y a les busés désabusés. «On est assailli de demandes de recours. Ces recours, c’est devenu une mauvaise habitude.» Pour preuve, en 2007, un examen avait déjà été annulé par le Conseil d’État.

Reste néanmoins une porte de sortie pour les inspecteurs qui ont échoué. L’inspection est divisée en plusieurs sections (enseignement fondamental, secondaire, spécialisé, promotion sociale…) et il se pourrait qu’il manque des candidats brevetés pour quelques places spécifiques.