Les anti-mariage gay dérapent

La manifestation anti-mariage gay a dégénéré, dimanche à Paris.

AFP

La mobilisation contre le mariage gay se poursuit en France. Dimanche, des partisans de la nouvelle loi et des journalistes ont été molestés.

Au lendemain d’une première démonstration de force avec plus de 100 000 manifestants dans plusieurs villes de France, des milliers de personnes sont de nouveau descendues dans les rues de la capitale pour dénoncer le projet de loi du gouvernement socialiste d’ouvrir le mariage et l’adoption aux couples homosexuels.

Tranchant avec l’ambiance bon enfant des défilés de la veille, entre ballons roses et poussettes, le ton s’est durci dès le début du rassemblement convoqué par l’Institut Civitas devant le ministère de la Famille, où des militantes du mouvement féministe ukrainien Femen et des journalistes ont été agressés.

«Une dizaine de militantes des Femen avaient décidé de faire une protestation pacifique et drôle, d’arriver habillées en nonnes avec des slogans humoristiques, et quand elles se sont avancées vers les manifestants, des types les ont pris en chasse, déchaînés », a raconté à l’AFP la journaliste et essayiste Caroline Fourest.

«Les filles ont pris des coups dans toutes les parties du corps », ainsi que des journalistes qui les avaient filmées, a-t-elle ajouté par téléphone depuis un fourgon de police.

Des photographes ont été «molestés ».

Parmi les manifestants défilant aux cris de «oui à la famille, non à l’homofolie », figuraient de nombreux jeunes gens, certains en soutane, mais aussi des retraités et des familles, brandissant des drapeaux bleu-blanc-rouge, des croix chrétiennes, ou des banderoles ornées de fleurs de lys.

«Notre objectif, c’est de mener une véritable bataille pour la sauvegarde de la famille et de l’enfant », a déclaré à un petit groupe de journalistes Alain Escada, responsable de Civitas.

Dimanche, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a dit «respecter l’inquiétude » des opposants au mariage homosexuel tout en affirmant que le gouvernement ne renoncera pas à son projet de loi, qui sera soumis pour débat à l’Assemblée nationale le 29 janvier.