Affaire Dutroux: les jours où tout a basculé dans l’horreur

En août 1996, la Belgique met un visage sur les disparitions d’enfants. Et plonge dans l’horreur.

AFP

Il y a 15 ans, en quelques jours, la Belgique vacillait entre le soulagement et l’horreur avec la libération de deux fillettes puis la découverte des cadavres de deux autres.

Certains gardent en eux les images à la fois affolantes et pleines de soulagement de Sabine Dardenne et Lætitia Delhez, extirpées par la police d’une sordide cave d’une maison de Marcinelle. D’autres ne peuvent effacer de leur mémoire le macabre ballet des excavatrices qui, quatre jours plus tard, sortiront du jardin de cette même maison de l’horreur les cadavres de deux gamines, enlevées plus d’un an auparavant sur un pont d’autoroute à Grâce-Hollogne. Et qu’on a laissé mourir de faim et de soif dans une sordide cave…

Quinze ans après, ceux qui ont vécu cette terrible période entre le 13 août – interpellation de Marc Dutroux, Michèle Martin et Michel Lelièvre – et le 17 août 1996 – exhumation des corps de Julie et Mélissa et les révélations sur l’enlèvement d’An Marchal et Eefje Lambrecks – n’oublieront jamais ces journées où la Belgique a basculé dans l’horreur.

L’affaire Dutroux, c’est l’affaire judiciaire belge du siècle. C’est la marche blanche, la plus importante mobilisation citoyenne de l’après-guerre en Belgique. C’est une réforme complète du fonctionnement (parfois encore erratique) du système policier. C’est encore une inédite commission parlementaire qui ne parviendra pas à effacer chez tous la thèse du « grand complot » et des réseaux. C’est aussi une enquête de 7 années, un procès-fleuve de 3 mois et des zones d’ombres que le récent non-lieu sur le « dossier bis » de l’affaire Dutroux ont sans doute définitivement éloigné d’un hypothétique éclairage…

« Cela me reste en travers de la gorge parce des traces ADN montrent qu’il reste des inconnus qui ont une présence suspecte dans la cache…, indique à ce sujet l’ancien procureur de Neufchâteau Michel Bourlet, qui se souvient de ces journées avec acuité (voir ci-contre). Je ne dis pas qu’il s’agit d’autres coupables qui ont échappé à la justice. Mais j’aurais aimé qu’on puisse demander des comptes à ces gens-là. Quand on referme un dossier pour cause d’auteurs inconnus, c’est toujours un échec. »

Des échecs, ces cinq jours d’horreur en ont mis de nombreux en lumière. Mais ont aussi permis d’apporter de nombreuses améliorations (Child Focus, cellule disparition, coordination internationale,…) permettant d’espérer que l’affaire Dutroux fait définitivement partie de l’histoire ancienne.¦