La mission de négociation confiée à Wouter Beke se prolonge. Pour une à deux semaines, dit-on dans son entourage.

Le suspense n'a été que de courte durée, hier : reçu en audience par le roi, durant plus de deux heures, au cours de l'après-midi, Wouter Beke a fait au chef de l'État un quatrième rapport intermédiaire de l'évolution de sa mission. Et, en fin de journée, un communiqué du Palais annonçait que le président du CD & V poursuivrait «sa mission» (de négociateur) et mettrait «par écrit ses conclusions en vue de préparer un accord sur la réforme de l'État, de façon à ce que la négociation puisse effectivement être entamée ».

Pour quand ces conclusions? Aucune précision n'est donnée, mais dans l'entourage du président du CD & V, on parle d'une à, maximum, deux semaines.

Si son agenda pour les prochains jours n'a pas encore été établi avec précision, il devrait à nouveau rencontrer, ensemble, les présidents de la N-VA Bart De Wever, et du PS, Elio Di Rupo. Pour ne pas changer.

Rencontres

Auparavant, Wouter Beke s'était entretenu durant deux heures avec les présidents de partis flamands. Caroline Gennez (sp. a), Alexander De Croo (Open VLD) et Wouter Van Besien (Groen! ) étaient ainsi impliqués ensemble dans les discussions pour la première fois depuis longtemps. Mais, pas plus qu'avec les présidents francophones la semaine dernière, il n'était question de négociation. Le négociateur royal voulait seulement les informer de l'évolution de sa mission, et notamment du contenu de ses rencontres avec Bart De Wever et Elio Di Rupo.

Wouter Beke a également présenté la dernière mouture de sa proposition de révision de la loi spéciale de financement. Le dossier avait donné lieu à de vifs échanges, mercredi, entre Elio Di Rupo et lui, lors d'une réunion triangulaire avec Bart De Wever. Mais, selon le négociateur, un certain nombre de choses ont été «éclaircies» lors d'échanges bilatéraux, jeudi.

De leur côté, les présidents des partis francophones ont rencontré ensemble, hier, les représentants des mutuelles et des syndicats flamands, pour expliquer la position qu'ils défendent en matière institutionnelle, comme ils l'avaient fait, le 12 avril, avec le VOKA, l'organisation patronale flamande.

Pour sa part, le ministre-président wallon, Rudy Demotte, (PS) a annoncé qu'il assisterait lundi soir à l'assemblée générale du VOKA. M. Demotte a rappelé qu'il avait «en 2007, ( ... ) entamé une série de rencontres avec les entrepreneurs flamands en vue de présenter ( ... ) la Wallonie telle qu'elle avait évolué» . Mais «en dépit de données nouvelles et d'études indépendantes qui ne laissent aucun doute possible quant au changement qui s'est durablement ancré en Wallonie », le ministre-président dit «constater que les clichés que je m'étais attelé à combattre resurgissent ».

La faute «de toute évidence » au «climat communautaire actuel », estime Rudy Demotte, qui reprend son bâton de pèlerin. Parce que point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni... de réussir pour persévérer?

Nos dernières videos